Des pensées et fantasmes sexuels à l'intérieur et à l'extérieur de l'acte conjugal

Jean Gerson, Œuvres Complètes: “Plusieurs docteurs [de la Divinité] soutiennent que la promotion volontaire de pensées charnelles impies afin de se faire plaisir est un péché mortel, même sans faire l’acte. Soyez sûrs, cependant, que les baisers, les regards, et les caresses, principalement causés par ces pensées mauvaises et lubriques, sans rien de plus, sont un péché encore plus grand. … c’est encore pire si ces baisers ne respectent pas l’honnêteté qui est habituellement gardée en public.”

C’est la Loi Divine que personne ne peut jamais entretenir volontairement des pensées sexuelles dans son esprit, même de sa femme, en dehors de l’acte conjugal. Le seul acte sexuel que l’Église autorise est l'acte conjugal normal, naturel et procréatif. Tout le reste est contraire à la seule fin ou intention première de l'acte sexuel – la procréation des enfants. Si une personne entretient volontairement des pensées sexuelles en dehors de l’acte conjugal ou se met inutilement dans des tentations sexuelles quand cela n’est pas nécessaire, elle commet un péché mortel. Par conséquent, on ne peut même pas consentir à des pensées sexuelles sur sa propre femme ou mari en dehors de l’acte conjugal, mais on doit résister à ces pensées ou tentations comme on résisterait à la pensée d’adultère ou de fornication.

Athénagoras d'Athènes (c. 175 A.D.): “Mais nous [les Chrétiens] sommes si éloignés de de la pratique de la promiscuité sexuelle, qu'il n'est même pas licite parmi nous de céder à un regard lubrique. “Car,” dit-Il [le Christ], “quiconque aura regarder une femme pour la convoiter, a déjà commis l'adultère dans son cœur.” [Matthieu 5:28] Ceux, donc, qui ont l'interdiction de regarder plus que ce que pour quoi Dieu a formé les yeux, qui devaient être une lumière pour nous, et pour qui un regard coupable est l'adultère, les yeux étant faits pour d'autres buts, et qui se verront demander des comptes même pour leurs pensées, comment peut-on douter que de telles personnes ne pratiquent pas le contrôle de soi?” (Supplique au sujet des Chrétiens, Chapitre XXXII.--La Haute Moralité des Chrétiens)

Pour faire court, les femmes ou les hommes ne sont pas des jouets, des “bon coups”, des accessoires desquels on tire une stimulation sexuelle. Quand des femmes ou même une propre épouse est utilisée dans des fantasmes sexuels, elles sont abusées sexuellement, même si elles ne sont pas touchées. Beaucoup d'hommes violent de nombreuses femmes chaque jours et commettent l'adultère, la fornication et des actes sexuels illicites sans même les toucher. Les femmes violent aussi les hommes et commettent l'adultère, la fornication et des actes sexuels illicites de cette manière. Ces viols, fornications, actes sexuels illicites et adultères ne sont pas marqués par la violence physique mais par le combat psychologique. Parce les personnes ignorent souvent qu'elles sont utilisées et abusées, et parce que l'abuseur ne perçoit par l'étendue réelle de la sévérité de son crime, cela semble rendre ces viols/abus/crimes sexuels mentaux et visuels moins dévastateurs. Néanmoins, un péché grave avec tout ce qu'il a de dégradant et de mortel est commis.

Par exemple, il serait tout à fait mauvais pour un mari de ne pas résister à des pensées sexuelles sur sa femme ou d’entretenir constamment ces pensées au travail ou lors d’un voyage, car au travail ou lors d’un voyage il n’a aucune chance de légalement calmer sa concupiscence et d’accomplir l’acte conjugal à des fins de procréation. C’est pourquoi s’habituer à ces pensées ne ferait que le distraire spirituellement et temporellement et pourrait même le conduire à commettre d’autres péchés, comme la masturbation ou l’adultère (en pensée ainsi qu’en acte). Tous ceux qui ne souhaitent pas être damnés doivent donc résister aux pensées sexuelles et aux tentations en dehors de l’acte conjugal et ne peuvent les entretenir en aucun cas.

C’est bien sûr une chose d’être tenté d’avoir des relations sexuelles avec sa propre femme ou quelqu’un d’autre (ce qui n’est pas un péché) et une toute autre chose que de consentir à avoir des relations sexuelles en pensée ou en esprit de l’un ou l’autre (ce qui est un péché). Ainsi, le mari et la femme ne peuvent jamais consentir à des pensées sexuelles sur leur conjoint en dehors de l’acte conjugal normal et naturel. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il est licite de penser à des choses mauvaises ou illicites ou de leurs donner son consentement au cours de l’acte, comme tant de gens mauvais et soi-disant théologiens hérétiques conjugaux enseignent effectivement aujourd’hui, car ce n’est pas ce que cela signifie. Qu’est-ce que cela signifie? Simplement qu’une personne peut pleinement consentir et laisser la place à des pensées et désirs sexuels (au sujet de leur conjoint) au cours de l’acte sexuel sans commettre de péché, aussi longtemps que ces pensées appartiennent à ce qui est légitime, naturel, raisonnable et nécessaire pour que la réalisation de l’acte conjugal se produise.

Saint Thomas d’Aquin nous explique encore merveilleusement ce processus de pensée dans sa Somme:

“Ainsi celui qui pense à la fornication, peut se délecter de deux manières: d’abord, de la pensée elle-même [simplement en y pensant mais pas nécessairement en lui donnant son consentement ou au plaisir qui en découle], ensuite de l'acte même de fornication auquel il pense. La délectation [plaisir] qui a pour objet la pensée résulte de l’inclinaison de l’affection pour la pensée elle-même. Or cette pensée n’est pas par elle-même un péché mortel; quelquefois elle n’est que vénielle, par exemple, quand quelqu’un s’y arrête inutilement; d’autres fois elle est absolument sans péché, par exemple quand on s’y arrête utilement, comme quand on veut en faire l’objet d’une prédication ou d’une discussion. Par conséquent, l’affection ou la délectation qui se rapporte ainsi à la pensée de fornication n’est pas un péché mortel dans son genre; mais c’est quelquefois un péché véniel et quelquefois ce n’est pas un péché. Le consentement à cette espèce de délectation n’est donc pas un péché mortel [cela devient un péché mortel si l’on y consent et qu’on veut avoir le plaisir illicite dans la pensée], et sous ce rapport il y a du vrai dans le premier sentiment [première opinion]. Mais si quelqu’un en pensant à la fornication [ou d’autres actes sexuels déraisonnables ou pécheurs], se délecte de l’acte lui-même auquel il pense, ceci résulte de ce que son affection a du penchant pour cet acte. Ainsi, quand quelqu’un consent à cette délectation [plaisir], c’est absolument comme s’il consentait à ce que son affection eut du penchant pour la fornication [ou un d'autres actes sexuels pécheurs]: car un individu ne se délecte que dans ce qui est conforme à son appétit. Et comme c’est un péché mortel de consentir délibérément à ce que son affection soit conforme à des choses qui sont des péchés mortels en eux-mêmes, il s’ensuit que ce consentement à la délectation, qui a pour objet une faute mortelle, est un péché mortel, comme le soutiennent les auteurs du second sentiment [deuxième opinion].” (Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia-IIae, Q. 74, Art.8, conclusion)

Ainsi, si des même pensées sexuelles agréables de son propre conjoint légitime en dehors de l’acte conjugal sont un péché si elles ne sont pas combattues, combien plus les pensées sensuelles sur son prochain ne doivent-elles pas être entretenues? Si même les baisers entre conjoints mariés à des fins de plaisir charnel sont condamnés comme un péché mortel par l’Église Catholique, combien plus les perversions des actes conjugaux comme tant de conjoints les pratiquent aujourd’hui ne doivent-elles pas exister? “Car à nous Chrétiens cette règle de vie nous a été donnée, d'aimer le Seigneur Notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre esprit, et notre prochain comme nous-mêmes... Dieu seul, dont la possession constitue le bonheur souverain, doit être adoré dans la plus parfaite pureté et chasteté... par une chaste et fidèle obéissance, non pour satisfaire les passions, mais pour multiplier la race et former la société domestique.” (St. Augustin, Des Mœurs de l’Église Catholique, Chapitre 30, Section 62, A.D. 388)

St. Alphonse, Instruction sur les préceptes du décalogue, Chapitre VI, Du sixième précepte, Tu ne commettras pas de fornication:

“1. QUE DOIT-ON CONFESSER EN MATIERE D'IMPURETE?

Je me contenterai d'avertir généralement qu'on doit non seulement s'accuser des actes consommés, mais encore des attouchements sensuels, des regards impurs, des paroles obscènes, surtout si l'on s'est plu à les proférer, et s'il y a eu danger de scandale pour ceux qui les ont entendues. Il est, de plus, nécessaire de confesser toutes les pensées immodestes.

“On s'imagine à tort que seuls les actes d'impudicité consommés doivent être accusés; il faut de plus dévoiler au confesseur les mauvaises pensées auxquelles on a consenti. Les lois humaines n'interdisent que les actions extérieures, parce que les hommes ne voient que ce qui paraît; mais Dieu qui voit le fond des cœurs condamne de plus les mauvaises intentions: “l'homme voit ce qui paraît, le Seigneur regarde le cœur.” (1 Rois, xvi. 7.) Il en est de même de toutes les mauvaises pensées auxquelles on consent, de quelque péché qu'il s'agisse. Règle générale: Tout ce qui est mal à faire, est péché si on le désire.

“2. QUELLE DISTINCTION DOIT-ELLE ETRE FAITE EN CE QUI CONCERNE LES MAUVAISES PENSEES?

“J'ai dit: pensées consenties; il faut savoir distinguer quand les mauvaises pensées sont péché mortel , ou péché véniel, ou quand elles ne sont pas péché. Trois causes contribuent à former le péché par pensées: la suggestion, la délectation et le consentement.

“1. La suggestion est cette première idée de mal faire qui se présente à l'esprit: elle n'est pas un péché; au contraire, elle devient un mérite, si la volonté la rejette à l'instant: Aussi souvent, dit St. Antonin, que vous résistez, aussi souvent vous êtes couronnés. Les Saints eux-mêmes ont été tourmentés de mauvaises pensées. St. Benoît, pour dompter les tentations, se mit dans les épines; St. Pierre d'Alcantara, dans un étang gelé. … Ste. Catherine de Sienne fut fortement assailli de pensées impures pendant trois jours; au bout de ce temps le Seigneur lui apparut pour la consoler, et la Sainte s'écria: Où étiez-vous donc, mon Sauveur, ces trois derniers jours? Le Seigneur lui répondit: J'étais dans ton cœur, pour te donner la force de résister aux tentations; et il lui fit voir ensuite combien son cœur s'était purifié.

“2. Après la suggestion vient la délectation. Si l'on ne s'empresse pas de repousser la tentation, si on l'entretient, on commence à s'y complaire, et elle attire le consentement. Tant que la volonté ne consent pas parfaitement, le péché n'est au plus que véniel; mais si l'âme n'a pas recours à Dieu et ne s'efforce pas de résister à la délectation, le consentement ne tardera pas : A moins, dit Saint Anselme, qu'une personne ne repousse le plaisir, le plaisir passe au consentement, et tue l'âme. Une femme qui avait la réputation d'une sainte était tentée de pécher avec une l'un de ses serviteurs; elle négligea de bannis la pensée instantanément, et ainsi y consenti en son cœur, et tomba dans le péché, mais seulement en pensée. Elle tomba par la suite dans un péché plus grave, car elle omis dans la confession la complaisance qu'elle avait eu dans la mauvaise pensée, et mourut misérablement. Mais parce qu'on la croyait être une sainte, l'évêque l'enterra dans sa propre chapelle. Le lendemain matin de ses funérailles elle lui apparue enveloppée de flammes, et confessa, mais sans profit, qu'elle était damnée du fait de la mauvaise pensée à laquelle elle avait consentie.

“3. Par le consentement l'âme perd la grâce de Dieu, et est condamnée à l'enfer, aussitôt qu'elle consent au désir de commettre le péché, ou qu'elle se plaît à penser à un acte déshonnête comme si elle le commettait: c'est ce qu'on appelle délectation morose; elle diffère du péché de désir.

Chrétiens, mes frères, soyez attentifs à chasser les mauvaises pensées dès qu'elles se présentent, en recourant promptement à Jésus et à Marie. Celui qui s'habitue à consentir aux pensées impures, court de grands risques de mourir dans le péché, parce que ces sortes de péchés se commettent très aisément. En un quart d'heures milles mauvaises pensées peuvent vous assaillir, et pour chaque pensée suivie du consentement les peines seront augmentées en enfer. Au moment de la mort, le pécheur ne pouvant plus commettre de péché d'action, n'en est pas moins en état de pécher par pensées; et le démon attaque vivement les moribonds et les leurs inspire. On lit dans Surius, que saint Eléazar fut tellement assiégé de ces mauvaises pensées à ses derniers instants, qu'il s'écriait: Oh! Combien est grande la force des démons à l'heure de la mort! Le Saint triompha à cause de l'habitude qu'il avait prise de triompher des mauvaises pensées; mais malheur à ceux qui s'accoutument à s'y complaire! Le Père Signeri cite le trait d'un de ces pécheurs qui pendant sa vie se laissait souvent aller aux mauvaises pensée: sur le point de mourir, il se confessa avec un grand repentir, et on le croyait sauvé; après sa mort il parut et annonça qu'il était damné, qu'il avait fait une bonne confession, que Dieu lui avait remis ses péchés; mais qu'avant de mourir le démon lui avait suggéré que s'il guérissait, ce serait une cruelle ingratitude de sa part d'abandonner la femme dont il était passionnément aimé; il repoussa cette première tentation, et même une seconde, quoiqu'il s'y fût un peu arrêté; et enfin il y consentit la troisième fois, mourut ainsi dans le péché, et fut damné.” (Saint Alphonse, Instruction sur les préceptes du décalogue et sur les sacrements à l'usage de ceux qui sont chargés d'enseigner la doctrine chrétienne, pp. 143-147)

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