Réfutations aux Objections les plus Courantes Contre le Sédévacantisme :

Cet article contient le contenu utilisé des auteurs: Frère Peter Dimond et Frère Michael Dimond de Monastère de la Sainte Famille / www.la-foi.fr

Objection 1 : Comme l’a dit le Christ (Matthieu 16), les portes de l’enfer ne peuvent pas prévaloir contre Son Église. Il a aussi dit qu’Il serait avec Elle jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28). Ce que vous dites est donc contraire aux promesses du Christ.

Réfutation : FAUX. L’indéfectibilité (la promesse du Christ qu’Il sera toujours avec Son Église et que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle) signifie que jusqu’à la fin des temps, l’Église restera essentiellement ce qu’elle est.

L’indéfectibilité de l’Église suppose qu’un petit reste au moins de l’Eglise subsistera jusqu’à la fin du monde et qu’un vrai pape n’enseignera jamais l’erreur à l’Église tout entière en usant de son autorité. Elle n’exclut pas qu’il puisse y avoir des antipapes se faisant passer pour papes (comme c’est arrivé très souvent dans le passé, même à Rome), ni que dans les derniers jours, une secte de contrefaçon réduise à un petit reste le nombre des fidèles de l’ Église catholique. C’est précisément ce qui a été prédit pour les temps de la fin et qui s’est déjà vérifié durant la crise arienne.

Saint Athanase : « Même si les catholiques fidèles à la tradition sont réduits à une poignée, ce sont eux qui sont la véritable Église de Jésus-Christ.» [2]

De plus, on peut noter que l’Église définit les hérétiques comme les portes de l’enfer, tel que le mentionnait Notre Seigneur dans Matthieu 16 !

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553 : « …gardant en mémoire les promesses faites au sujet de la sainte Église et celui qui a dit [ Jésus-Christ ] que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, c’est-à-dire les langues mortifères [ qui causent la mort ] des hérétiques ... » [3]

Pape St Léon 9 ; 2 septembre 1053 : « La sainte Église construite sur un roc, qui est le Christ, et sur Pierre [...] parce qu'elle ne sera jamais vaincue par les portes de l'enfer, autrement dit les subtilités des hérétiques qui conduisent les âmes vaines à la destruction. » [4]

St Thomas d’Aquin, Introduction de Catena Aurea ; vers 1262 : « La sagesse peut emplir les cœurs des fidèles et faire taire la redoutable folie des hérétiques, qu’on surnomme à juste titre les portes de l’enfer. » [5]

Il apparaît donc que les portes de l’enfer, ce sont les hérétiques. Ils ne sont pas membres de l’Église. C’est pourquoi un hérétique ne peut jamais être pape. Les portes de l’enfer ( les hérétiques ) ne peuvent jamais avoir d’autorité sur l’Église du Christ. Ceux qui dénoncent les antipapes hérétiques de Vatican 2 ne sont pas ceux qui prétendent que les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église ; ce sont au contraire les individus qui soutiennent obstinément que ces antipapes sont de vrais papes, alors qu’il est clair qu’on est là en présence d’hérétiques manifestes.

Pape Innocent 3, Eius exemplo ; 18 décembre 1208 : «Nous croyons de notre coeur et confessons de notre bouche une seule Eglise, non celle des hérétiques, mais la sainte Eglise romaine, catholique, apostolique, en dehors de laquelle nous croyons que personne n'est sauvé..» [6]

St François de Sales (17ème siècle), Docteur de l’Église, The Catholic Controversy, p. 305 et 306 : « … lorsqu’il [ le Pape ] est explicitement hérétique, il se retrouve ipso facto [ par le fait même ] déchu de sa dignité et hors de l’Église…. »

Il n’y a pas un seul enseignement de l’Église de contraire au fait que sévit à l’heure actuelle une secte de contrefaçon, qui a réduit la vraie Eglise Catholique à un petit reste en ces temps de la Grande Apostasie et qui est présidée par des antipapes se présentant faussement comme papes. Ceux qui soutiennent que la Secte Vatican 2 est l’Église catholique soutiennent donc que l’Église catholique approuve officiellement les fausses religions et les fausses doctrines. Mais c’est impossible, car si c’était vrai, ça signifierait que les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église catholique.

 

Notes :

[1] Conciles Oecuméniques, Tome II-1 : les décrets, de Nicée I à Latran V ; Editions du cerf, Paris, 1994 ; page 253.

[2] Coll. Selecta SS. Eccl. Patrum. Caillu and Guillou, Vol. 32, pp 411-412

[3] Les Conciles Oecuméniques, Tome II-1 : les décrets, de Nicée I à Latran V ; Editions du cerf, Paris, 1994 ; page 253.

[4] Denzinger, The Sources of Catholic Dogma, B. Herder Book. Co., Thirtieth Edition, 1957, n° 351.

[5] The Sunday Sermons of the Great Fathers, Regnery, Co: Chicago, IL, 1963,Vol. 1, p. xxiv.

[6] Denzinger : Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum ; Editions du cerf, Paris, 2010 ; référence 792

 

Objection 2 : Quelle-est votre autorité pour formuler de tels jugements ? Vous citez des déclarations dogmatiques de telle manière que ça revient à faire de l’interprétation privée.

Réfutation : L’autorité qu’a un catholique pour déterminer que des hérétiques ne sont pas membres de l’Église relève d’un DOGME CATHOLIQUE disant que ceux qui s’écartent de la Foi sont considérés comme étrangers à l’Église.

Pape Léon 13, Satis Cognitum ; 29 juin 1896 : « Telle a été toujours la coutume de l'Église, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique ET HORS DE L’ÉGLISE QUICONQUE SE SÉPARE LE MOINS DU MONDE DE LA DOCTRINE ENSEIGNÉE PAR LE MAGISTÈRE AUTHENTIQUE » [1]

De plus, prétendre que ceux qui adhèrent à ce dogme catholique font de l’interprétation privée, c’est soutenir ce qu’a condamné le pape St Pie 10 dans son Syllabus ( catalogue ) des erreurs modernistes.

Pape St Pie 10, Lamentabili, Les erreurs des modernistes ; 3 juillet 1907, # 22 : « Les dogmes que l'Église présente comme révélés ne sont pas des vérités tombées du ciel, mais une interprétation de faits religieux que l'esprit humain s'est donnée par un laborieux effort. » - Condamné [2]

Pape St Pie 10, Lamentabili, Les erreurs des modernistes ; 3 juillet 1907, # 54 : « Les dogmes, les sacrements, la hiérarchie, tant pour ce qui touche leur notion que pour ce qui touche leur réalité, ne sont que des interprétations et des développements de la pensée chrétienne qui ont développé et perfectionné un germe minime caché dans l’ Évangile. » - Condamné [3]

Soyez attentifs : l’idée disant que les doctrines seraient des interprétations est condamnée. Mais c’est pourtant exactement ce que cette objection affirme…- que ses auteurs l’admettent ou non. Ils disent que souligner la vérité d’un dogme relève de l’ ‘interprétation privée’. On trouve une nouvelle réfutation de cette objection dans le Décret sur le sacrement de l’Ordre, où le Concile de Trente a solennellement déclaré que les canons dogmatiques pouvaient être invoqués par tous les fidèles.

Pape Pie 4, Concile de Trente, Session 23, chapitre 4 : « Tel est ce qu'il a semblé bon au saint concile d'enseigner d'une manière générale aux chrétiens sur le sacrement de l'ordre. Il a décidé de condamner de la manière suivante ce qui est contraire à des canons précis et propres, pour que, avec l'aide du Christ, tous, utilisant la règle de la foi, au milieu des ténèbres de tant d' erreurs, puissent connaître et tenir plus facilement la foi catholique. » [4]

Le mot ‘canon’ ( en grec, kanon ) désigne un roseau, une tige, une barre, ou une règle graduée : quelque chose servant à déterminer, à régler ou à mesurer. Le Concile de Trente déclare infailliblement que ses canons sont des règles pour ‘tous’, afin que tous – utilisant la règle de la Foi – soient en mesure de reconnaître et de défendre la vérité au milieu des ténèbres ! Cette très importante déclaration démonte l’assertion disant que se servir de dogmes pour argumenter constituerait une ‘interprétation privée’. Le dogme catholique est l’autorité de ceux qui parviennent à ces conclusions correctes.

Pape Grégoire 16, Mirari Vos ; 15 août 1832 : « … rien de ce qui a été régulièrement défini ne supporte ni diminution, ni changement, ni addition ; repousse toute altération du sens et même des paroles. » [5]

 

Notes :

[1] Lettre encyclique Satis Cognitum du pape Léon XIII, Editions Saint-Rémi ; 2005, Cadillac, p.20.

[2] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3422.

[3] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3454.

[4] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1770.

[5] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 236.

 

Objection 3 : Vous ne pouvez pas savoir si quelqu'un est hérétique - ou le dénoncer comme tel - sans un procès et une sentence déclaratoire.

Réfutation : FAUX. La sentence déclaratoire qui suit une excommunication automatique n’est qu’une reconnaissance légale de quelque chose qui existe déjà. Sinon, l'excommunication automatique n'aurait pas de sens.

Canon 2314, Code de Droit Canonique de 1917: « Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d'eux : 1) Encourent par le fait même une excommunication... » [1]

La personne excommuniée est déjà séparée de l'Eglise. La plupart des hérétiques sont connus comme étant des hérétiques sans procès ni phrase déclarative, et doivent être dénoncés comme tels.

Pape Pie 6, Auctorem fidei ; 28 août 1794 : « 47. De même ( la proposition ) qui affirme qu'il est nécessaire selon les lois naturelles et divines que, soit pour l'excommunication, soit pour la suspense, il y ait un examen personnel préalable, et que par conséquent les sentences dites ipso facto n'ont pas d'autre portée que celle d'une menace sérieuse sans aucun effet actuel, (est) fausse, téméraire, pernicieuse, injurieuse pour l'autorité de l'Eglise, erronée.» [2]

Comme on le voit ici, l'Église catholique enseigne que les jugements et les processus formels ne sont pas nécessaires pour que les excommunications ipso facto ( par le fait même ) prennent effet. Très souvent, comme dans le cas de l’hérétique Martin Luther, ce sont des reconnaissances formelles d’excommunication ipso facto ayant déjà eu lieu. Ça devrait être évident pour un catholique ; mais pour illustrer ce point, voici ce qu’ a dit Martin Luther avant qu’il ne soit condamné comme hérétique de manière formelle par le pape.

Martin Luther, prenant la parole avant la bulle du pape Léon 10 lui donnant les 60 derniers jours pour qu’il se rétracte - avant qu’ une déclaration d'excommunication n’ait été publiée : « Quant à moi, le sort en est jeté. Je méprise tout autant la fureur et la faveur de Rome ; je ne souhaite pas me réconcilier avec elle, ni tenir communion avec elle - jamais. Qu’on y condamne, qu’on y brûle mes livres ; moi, à mon tour, à moins que je ne puisse trouver du feu, je condamnerai et brûlerai publiquement tout le droit pontifical. » [3]

Doit-on croire que l’homme qui a tenu ces propos ( bien avant d’être formellement condamné comme hérétique par un jugement déclaratoire ) était catholique ou aurait pu être considéré comme tel ? Si une telle idée n’est pas complètement absurde, alors rien ne l’est. Il va de soi que Martin Luther était un hérétique manifeste avant la publication de la déclaration formelle, et tout catholique conscient de sa foi aurait pu et aurait dû le dénoncer comme hérétique manifeste après avoir pris connaissance de ses opinions scandaleusement hérétiques.

Voilà pourquoi, avant le procès de Luther, le cardinal Cajetan « a contacté l’Électeur Frédéric, souverain et protecteur de Luther, pour le prier instamment de ne pas ‘entacher le nom illustre de ses ancêtres’ en prêtant appui à un hérétique. » [4]

Le même principe s’applique pour un hérétique tel que John Kerry, pro-avortement notoire. Presque tous les catholiques d’esprit conservateur conviendraient volontiers que John Kerry est un hérétique et non un catholique, puisqu’il rejette avec obstination l’enseignement catholique contre l’avortement. Mais ils forment ce ‘jugement’ par eux-mêmes, puisqu’aucun jugement déclaratoire n’a jamais été émis contre celui-ci. Donc ils prouvent qu’aucune déclaration n’est nécessaire pour condamner un hérétique. La plupart des hérétiques de l’histoire de l’Église, et presque tous les hérétiques du monde actuel, ont été et doivent être considérés comme tels sans aucune déclaration, à cause du caractère manifeste de leur hérésie.

Quand l’hérésie est manifeste et clairement obstinée - ce qui est le cas de Luther et de Benoît 16 (qui dit qu’on ne devrai pas convertir des non-catholiques et qui prend une part active au culte dans les synagogues), non seulement les catholiques ont la faculté de le dénoncer sans procès comme étant non-catholique, mais ils ont le devoir de le faire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle St Robert Bellarmin, Docteur de l’Église, traitant précisément de cette question, déclare sans équivoque que l’hérétique manifeste est déposé et qu’il doit être évité en tant que non-catholique sans autorité particulière, avant toute ‘excommunication ou sentence judiciaire’. Dans ce contexte, St Robert emploie le mot ‘excommunication’ pour désigner la peine ferendae sententiae (à savoir la déclaration formelle du pape ou d’un juge ).

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30, parlant d’un postulant au Trône de Pierre :« Car, en premier lieu, il est prouvé par des arguments d'autorité et de raison que l'hérétique manifeste est déposé ipso facto. L'argument d'autorité se base sur saint Paul (Tite 3:10), qui ordonne d'éviter l'hérétique après deux avertissements, c'est-à-dire après qu'il a montré une obstination manifeste – ce qui signifie avant toute excommunication ou sentence judiciaire. Et c’est ce qu’écrit saint Jérôme, en ajoutant que les autres pécheurs sont exclus de l’Église par une sentence d’excommunication, tandis que les hérétiques s’exilent eux-mêmes et se séparent eux-mêmes du corps du Christ par leurs propres actes. »

Redisons-le bien : CE QUI SIGNIFIE AVANT TOUTE EXCOMMUNICATION OU SENTENCE JUDICIAIRE ! On voit donc que les non-sédévacantistes ont tout faux quand ils prétendent que les catholiques ne peuvent pas dénoncer des hérétiques manifestes tels que Benoît 16 au motif que celui-ci n’a pas fait l’objet d’un procès formel. Leur conclusion bafoue outrageusement l’unité de la Foi au sein de l’Église. Car au cas où on l’aurait oublié, il existe une unité de Foi dans l’Église catholique ( laquelle est une, sainte, catholique et apostolique ).

Pape Pie 12, Mystici Corporis Christi : « Par conséquent, comme dans l'assemblée véritable des fidèles il n'y a qu'un seul Corps, un seul Esprit, un seul Seigneur et un seul Baptême, ainsi ne peut-il y avoir qu'une seule foi, et celui qui refuse d'écouter l'Église doit être considéré, d'après l'ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain. Et ceux qui sont divisés pour des raisons de foi ou de gouvernement ne peuvent vivre dans ce même Corps, ni par conséquent de ce même Esprit divin. » [5]

À en croire la conclusion non-sédévacantiste, les catholiques devraient se déclarer en communion avec un homme qui a avoué publiquement qu’il ne voulait pas être en communion avec l’Église catholique, et qui considérait le droit pontifical tout entier comme un cloaque d’hérésies ; ou un homme obstinément favorable à l’avortement, au motif qu’aucune déclaration formelle n’a été émise contre lui. Prétendre que les catholique doivent tenir communion avec un hérétique aussi manifeste sous prétexte qu’aucun procès n’a été mené à terme contre lui, c’est contraire à l’enseignement catholique, à la Tradition catholique, au sens catholique.

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30 : « … car les hommes ne sont ni tenus, ni capables de lire dans les cœurs ; MAIS LORSQU’ILS VOIENT QUE QUELQU’UN EST UN HÉRÉTIQUE DE PAR SES ŒUVRES EXTÉRIEURES, ILS LE JUGENT PUREMENT ET SIMPLEMENT HÉRÉTIQUE ET LE CONDAMNENT COMME HERETIQUE. »

 

Notes :

[1] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, San Francisco, CA: Ignatius Press, 2001, canon 2314, p. 735.

[2] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 2647.

[3] The Catholic Encyclopedia, “Luther,” Robert Appleton Company, 1910, pp. 445-446.

[4] Warren H. Carroll, A History of Christendom, Front Royal, VA: Christendom Press, 2000, Vol. 4 (The Cleaving of Christendom), p. 10.

[5] Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, pape Pie 12, éditions Bonne Presse, 29 juin 1943 ; page 14.

 

Objection 4 : Vous faites quoi de l’hérésie matérielle ? Pourquoi les papes de Vatican 2 ne sont pas juste des hérétiques matériels ?

Réfutation : Un hérétique ‘matériel’, c’est un catholique qui se trompe de bonne foi sur un point de dogme. Mais les antipapes de Vatican 2 sont sans aucun doute des hérétiques formels et ne peuvent donc pas être des hérétiques matériels ( des catholiques se trompant de bonne foi ) ; il y a plein de raisons à ça, dont :

  • ils ne tiennent pas les mystères essentielles de la Foi

  • ils rejettent des dogmes dont ils ont pourtant une parfaite connaissance.

L’expression 'hérétique matériel' est employée par les théologiens pour désigner un catholique se trompant de bonne foi sur certains enseignements de l’Église, sans les rejeter délibérément. La seule manière d’être ‘hérétique matériel’, c’est de ne pas avoir conscience qu’une opinion qu’on professe soit contraire à l’enseignement de l’Église. Une telle personne changera immédiatement d’opinion lorsqu’on l’aura informée de l’enseignement de l’Église sur la question. Voilà pourquoi ce qu’on appelle un 'hérétique matériel' n’est pas un hérétique : c’est un catholique qui est dans l’ignorance sur un point de dogme - sans pour autant nier quoi que ce soit de ce qu’il sait que l’Église a enseigné. Un 'hérétique matériel' n’est pas un hérétique : c’est prouvé par le fait que celui-ci ne cesse pas de faire partie de l’Église ; alors qu’on a déjà montré par un tas de citations, que tous les hérétiques cessent d’être membres de l’Église.

Pape Eugène 4, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441 : « Elle [ la Sainte Eglise romaine ] croit fermement, professe et prêche qu'‘aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l'Eglise catholique’, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques … » [1]

En plus, un ‘hérétique matériel’ ( c’est-à-dire un catholique qui se trompe ) n’attire pas sur sa tête le châtiment éternel pour négation de la foi, tandis que c’est le cas de tous les hérétiques, puisque :

Pape St Célestin 1er, Concile d’Éphèse ; 431 : « … LES PARTISANS DE TOUTE HERESIE…corrompant par leurs pensées perverses ce qui a été correctement dit par le Saint-Esprit et versant à flots sur leurs têtes la flamme inextinguible. » [2]

Donc un hérétique matériel n’est pas un hérétique. C’est un catholique qui se trompe innocemment sur tel ou tel enseignement de l’Église. Voilà pourquoi ceux qui soutiennent que Benoît 16 ne connaît pas tous les dogmes qu’il nie, et qui le présentent en conséquence comme n’étant qu’un ‘hérétique matériel(un catholique dans l’erreur), exposent une situation non seulement absurde, mais aussi IMPOSSIBLE. C’est en effet impossible que Benoît 16 puisse être qualifié seulement d’‘hérétique matériel’ ; il y a 3 raisons à ça :

1ère Raison : Benoît 16 connaît assurément tous les dogmes de l’Église qu’il nie. Il en sait plus sur les enseignements catholiques que n’importe qui au monde - ou presque. Il discourt sans cesse sur les déclarations dogmatiques de l’Église, celles-là même qu’il contredit et rejette : par exemple celles du premier Concile du Vatican ( Vatican 1 ).

Benoît 16, Les Principes de la Théologie catholique ; 1982, p. 239 : « Celui qui soulève la question de la doctrine de l’Eglise sur le sacrement de l’ordre se trouve en présence d’un receuil de sources relativement riche. Trois conciles se sont exprimés à ce sujet de façon approfondie : Florence, Trente et Vatican II. S’y ajoute une importante constitution de Pie XII : Sacramentum ordinis, datant de 1947. » [3]

Benoît 16, Les Principes de la Théologie catholique ; 1982, p. 197 et 198 : « L’exigence maximale de l’Occident à l’égard de l’Orient serait de demander une reconnaissance de la Primauté de l’évêque de Rome, selon toute l’étendue définie en 1870, et la soumission à une pratique de cette primauté telle que celle acceptée par les Uniates … les solutions maximalistes ne comportent aucun espoir réél d’unite. » [4]

Ces citations n’offrent qu’un petit aperçu de la familiarité de Benoît 16 avec les enseignements catholiques, y compris ceux des conciles qu’il réfute. Et c’est la même chose avec Jean-Paul 2 et ses ‘prédécesseurs’. Par exemple : dans l’accord qu’ il a approuvé en 1999 avec la Fédération luthérienne mondiale sur la Justification, Jean-Paul 2 admet que le Concile de Trente ne s’applique plus.

Déclaration Luthéro-catholique sur la doctrine de la Justification, approuvé par Benoît 16 : « #13… Ce rapprochement permet de formuler dans cette déclaration commune un consensus sur des vérités fondamentales de la doctrine de la justification A LA LUMIERE DUQUEL LES CONDAMNATIONS DOCTRINALES CORRESPONDANTES DU XVIE SIECLE NE CONCERNENT PLUS AUJOURD’HUI LE PARTENAIRE. » [5]

Ça va sans dire : Benoît 16 ne peut pas ‘ne pas savoir’ le Concile de Trente s’il admet que ce dernier ne s’applique plus… En plus, il est titulaire de plusieurs doctorats en théologie et a écrit de nombreux ouvrages traitant des complexités du dogme catholique. L’un de nous a lu 24 de ses ouvrages, ce qui lui permet d’affirmer que Benoît 16 a une meilleure connaissance des enseignements de l’Église que n’importe qui au monde - ou presque. Il est faux et ridicule au plus haut degré de soutenir que Benoît 16, Jean-Paul 2, Paul 6 ou Jean 23 ignoraient les enseignements les plus simples de l’Église qu’ils ont niés en ce qui concerne Notre-Seigneur, le protestantisme, le salut, les fausses religions, la liberté religieuse, etc. Par exemple, c’est parfaitement insensé de prétendre que Benoît 16 ne connait pas le dogme disant que les protestants sont tenus, sous peine d’hérésie, d’accepter la papauté, alors qu’il enseigne précisément le contraire. Ça reviendrait à dire qu’on peut être chef cuisinier d’un restaurant 5 étoiles tout en ne sachant pas ce qu’est une salade. … c’est exactement ce que voudraient nous faire croire ceux qui avancent l’objection de l’ ‘hérésie matérielle’.

2ème Raison : C’est impossible que Benoît 16 soit seulement un ‘hérétique matériel’ ( un catholique qui se trompe ), car à supposer qu’il ne connaisse pas les nombreux dogmes qu’il nie - ce qui, on l’a vu, n’est absolument pas le cas - il est tenu de les avoir appris ; dans la mesure où il se prétend évêque et pape. C’est pourquoi on ne peut en aucun cas l’excuser en parlant de sa prétendue ignorance des dogmes fondamentaux de l’Église qu’il nie.

Un manuel de droit canonique : « Si le contrevenant qui tient de tels propos est un clerc, sa demande de circonstances atténuantes est à rejeter, soit parce qu’elle est insincère, soit parce qu’elle dénote une ignorance au moins crasse ou due à la paresse, pour autant qu’elle ne soit pas feinte … La formation ecclésiastique qu’il a reçue au séminaire, avec ses cours de théologie morale et dogmatique et d’histoire de l’Église, sans même parler de ses cours de droit canonique, est là pour garantir que l’attitude de l’Église vis-à-vis de l’hérésie lui a été dûment enseignée. » [6]

3ème Raison : C’est impossible que Benoît 16 soit juste un ‘hérétique matériel’, car il y a certaines choses que tout adulte doit obligatoirement adhérer pour être catholique ; mais Benoît 16 n’y adhère pas. Tout catholique adulte doit croire à la Trinité, à l’ Incarnation, à l’authenticité de Jésus-Christ et de Son Église, au fait que toutes les religions sont fausses hormis celle de Jésus-Christ. Il doit obligatoirement connaitre ces mystères essentiels.

Pape Benoît 14, Cum Religiosi ; 26 juin 1754 : « Nous n’avons cependant pu nous réjouir lorsqu’il Nous fut rapporté ensuite que lors de l’instruction religieuse préparatoire à la Confession et à la sainte Communion, on s’apercevait très souvent que ces gens ignoraient les mystères de la foi, jusques et y compris les matières à connaître obligatoirement, ce qui les privait du droit de recevoir ces Sacrements. » [7]

En d’autres termes, tout catholique au dessus de l’âge de raison doit avoir une connaissance positive de certains mystères de la foi pour être sauvé. Aucun manquement à cette obligation n’admet d’excuse, même celle de l’ignorance. C’est pourquoi quiconque adhère à une croyance qui détruit la foi en ces mystères n’est pas un catholique, même si on ne les lui a pas enseignés correctement.

Pape Benoît 14, Cum Religiosi ; 26 juuin 1754 :« … les confesseurs doivent accomplir cette partie de leur devoir chaque fois que quelqu’un comparaissant devant leur tribunal ignore ce qu’il faut obligatoirement connaître pour être sauvé… » [8]

Pape St Pie 10, Acerbo Nimis ; 15 avril 1905 : « Aussi Notre prédécesseur Benoît XIV a eu raison d’écrire : Nous affirmons qu’une grande partie de ceux qui sont condamnés aux supplices éternels doivent cet irréparable malheur à l’ignorance des Mystères de la Foi, qu’on doit nécessairement savoir et croire pour être admis au nombre des élus. » [9]

Par exemple, quiconque croit vraiment à trois dieux différents et non pas à un seul Dieu en trois Personnes divines n’est pas catholique, point final. Ça s’applique même si la vraie doctrine de la Trinité n’a jamais été enseignée à cette personne : elle n’est pas catholique car sa croyance est en contradiction avec un mystère essentiel qu’elle doit posséder pour adhérer à la vraie Foi.

De même, si on croit que d’autres religions - islam, judaïsme, etc… - sont également bonnes, alors on ne croit pas que le Christ ( et par extension Son Église ) est la seule Vérité ; on n’adhère pas à la Foi catholique, point final. Ça s’applique même si la vraie doctrine sur cette question n’a pas été enseignée à cette personne. C’est pourquoi le pape Pie 11 déclare que ceux qui tiennent la position que les religions ‘sont toutes bonnes et louables’ ont abandonné la vraie religion ; point final.

Pape Pie 11, Mortalium Animos : « … De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion, ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée. » [10]

Ainsi, comme on l’a démontré, Benoît 16 et ses ‘prédécesseurs’ croient que le judaïsme, l’islam, etc... sont bons. Benoît 16 a même été initié à l’islam dans une mosquée le 30 novembre 2006. Lui et ses prédécesseurs louent ces fausses religions. Benoît 16 est allé jusqu’ à qualifier l’islam de ‘noble’ et déclarer qu’il y voyait de la ‘grandeur’. Mais c’ est impossible qu’il croie à ça, tout en étant ‘hérétique matériel’ catholique ; car il ne croit pas en un mystère essentiel auquel il devrait adhérer pour avoir la vraie Foi : que le Christ est la seule et unique Vérité. Par conséquent, Benoît 16 n’est pas un catholique ; point final.

Aussi, ça peut se démontrer sous un autre angle : Comme c’est un mystère essentiel de la Foi catholique que le Christ ( et par extension Son Église ) est la seule Vérité, il s’ensuit que ceux qui adhèrent à ce mystère croient aussi qu’ il faut croire en l’Église du Christ. C’est l’enseignement du pape Léon 13.

Pape Léon 13, Satis Cognitum ; 29 juin 1896 : « On ne peut croire que vous gardiez la véritable foi catholique, vous qui n'enseignez pas qu' on doit garder la foi romaine. » [11]

Si on soutient que la religion catholique n’a pas à être acceptée par les non-catholiques, alors on n’est pas catholique . Eh bien, comme on l’a prouvé, les antipapes de Vatican 2 enseignent que la religion catholique n’a pas à être acceptée par les non-catholiques ; ils professent en particulier que les schismatiques orientaux n’ont pas besoin de se convertir à la Foi catholique.

Paul 6, Déclaration ‘christologique commune’ avec le ‘pape’ schismatique Shenouda 3 ; 10 mai 1973 : « Paul VI, évêque de Rome et Pape de l’Église catholique, et Shenouda III, Pape d’Alexandrie et Patriarche du siège de saint Marc … Au nom de cette charité, nous rejetons toutes les formes de prosélytisme … Que cela cesse là où cela peut exister… » [12]

Jean-Paul 2, Homélie ; 25 janvier 1993 :« ‘En fait, le moyen de parvenir à l’unité chrétienne’, dit le document de la Commission pontificale pour la Russie, ‘ce n’est pas le prosélytisme, c’est le dialogue fraternel’. » [13]

Benoît 16, Discours aux protestants, Journée Mondiale de la Jeunesse ; 19 août 2005 : « Et à présent demandons-nous: que signifie rétablir l' unité de tous les chrétiens? ... cette unité ne signifie pas ce que l'on pourrait appeler un oecuménisme du retour : c'est-à-dire renier et refuser sa propre histoire de foi. Absolument pas! » [14]

Voilà ce qu’on peut rajouter… :

La loi de l’Église présume la pertinacité de l’hérésie, sauf preuve du contraire

En plus de ce qui est exposé ci-dessus et qui prouve que les antipapes de Vatican 2 sont assurément des hérétiques formels, la présomption de la loi est contre eux :

Canon 2202.2, Code de droit canonique de 1917 : « La violation extérieure de la loi étant posée, le dol est présumé au for externe jusqu’à preuve du contraire. » [15]

Dans un commentaire de ce canon, le père Eric F. Mackenzie, A.M., S.T.L., J.C.L., déclare :

« Le seul fait de commettre tout acte comportant une hérésie, par exemple l’exposé d’une doctrine contraire à un dogme révélé et défini ou en contradiction avec ce dernier, constitue un motif suffisant pour présumer juridiquement d’une déviation hérétique… Les circonstances atténuantes doivent être démontrées au for externe, et la charge de la preuve incombe à la personne dont l’ action a donné lieu à l’ accusation d’ hérésie. Faute d’ une telle preuve, les excuses en question sont présumées inexistantes. » [16]

Mais non seulement les antipapes de Vatican 2 ont formulé des centaines de déclarations contraires aux dogmes révélés et définis, mais ils se sont explicitement déclarés être en communion avec des schismatiques et des hérétiques, c’est-à-dire comme faisant partie de la même Église qu’eux. De même, ils ont confirmé ces déclarations par des actes qui manifestent davantage encore leur adhésion à l’hérésie, tels que la communicatio in sacris ( communication dans les choses sacrées ) avec diverses fausses religions. Donc ce n’est pas la loi ou l’esprit de l’Église, d’exonérer ( d’exempter ) quelqu’un qui répand publiquement l’hérésie, mais c’est de le présumer coupable.

Pape Innocent 4, Concile de Lyon 1 ; 1245 : « La loi civile déclare que l’on doit regarder comme hérétiques et soumettre aux sentences portées contre eux ceux qui, même à cause d’un léger grief, ont été reconnus comme s’étant écartés du jugement et de la voie de la religion catholique. » [17]

St Robert Bellarmin explique pourquoi tel doit être le cas.

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30 : « … car les hommes ne sont pas tenus, ou en mesure de lire dans les cœurs, mais quand ils voient que quelqu'un est un hérétique par ses œuvres extérieures, ils jugent purement et simplement qu'il est un hérétique, et le condamnent comme hérétique. »

Un simple exemple illustrera pourquoi tel doit être le cas : Disons que vous avez des brebis et que vous avez nommé un berger pour veiller sur elles...Et disons qu’un jour, ce berger se transforme en loup et commence à dévorer vos brebis et à les mettre en pièces. Pour les protéger, est-ce-que vous laisserez le loup à la tête du troupeau? Est-ce que vous ordonnerez à vos brebis survivantes qu’elles se soumettent au loup et se mettent en danger d’être dévorées à leur tour ? Non, vous ne le feriez pas ; et Dieu ne le ferait pas non plus.

Dieu ne permettrait jamais que quelqu’un qui promulgue une hérésie manifeste au for externe puisse conserver son autorité dans l’Église ou exiger la soumission des catholiques - peu importe ses intentions. Il faut se rappeler que l’hérésie est une tueuse d’âmes. Supposez que le loup de notre histoire ait seulement faim ou traverse une mauvaise passe. Est-ce que ça change quoi que ce soit au fait qu’il tue les brebis ? Bien sûr que non.

Aussi, quel est le loup qui voudrait tromper son monde en disant à tout le monde qu’il est non-catholique ou ennemi de l’Église …?

Matthieu 7 :15 - « Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, tandis qu’au-dedans ce sont des loups ravissants. »

Il n’y a rien de plus efficace pour aider un faux prophète qu’en insistant qu’il conserve son autorité dans l’Église alors même qu’il professe publiquement l’hérésie. Lorsqu’il traitait le cas de l’hérétique Nestorius, le pape St Célestin a confirmé ex-cathedra le principe qu’on ne peut pas considérer un hérétique public comme une personne d’une quelconque autorité. Nestorius, Patriarche de Constantinople, avait commencé à prêcher l’hérésie disant que Marie ne serait pas la Mère de Dieu. Les fidèles avaient réagi en rompant communion avec lui, car ils s’étaient rendu compte que comme Nestorius prêchait une hérésie publique et notoire, il ne pouvait pas avoir d’ autorité au sein de l’ Église catholique. La citation suivante du pape St Célestin est tirée de De Romano Pontifice, l’oeuvre de St Robert Bellarmin :

Pape St Célestin : « L’autorité de Notre Siège Apostolique a déterminé que l’évêque, le clerc ou le simple chrétien qui a été déposé ou excommunié par Nestorius ou ses partisans après que ce dernier eut commencé de prêcher l’hérésie, ne seront considérés ni comme déposés, ni comme excommuniés. Car celui qui a rompu avec la foi par de tels prêches n’est habilité à déposer ou excommunier personne. » [18]

Le pape Pie 9 confirme ce principe lorsqu’il enseigne qu’on peut être considéré comme hérétique ou schismatique même si le Saint-Siège ne vous a pas déclaré comme tel.

Pape Pie 9, Quartus Supra ; 6 janvier 1873 : « La faction de l’Arménie étant ce qu’elle est, ses membres sont schismatiques, bien qu’ils n’aient pas été condamnés comme tels par l’autorité apostolique. » [19]

C’est pourquoi les saints, les théologiens, les docteurs, les canonistes et les papes qui s’expriment sur la question d’un ‘pape hérétique’ évitent les expressions ‘hérésie matérielle’ et ‘hérésie formelle’, car celles-ci impliquent un jugement au for interne. Ils emploient plutôt les adjectifs ‘publique’, ‘manifeste’, ‘notoire’, etc...qui renvoient au for externe.

F.X. Wernz, P. Vidal (1943) : « Par une hérésie notoire et ouvertement révélée, le Pontife romain, s’il devait tomber dans l’hérésie, serait considéré ipso facto comme privé du pouvoir de juridiction avant même tout jugement déclaratoire de l’Église… » [20]

Canon 192, Code de droit canonique de 1917 : « La privation d’un office est encourue soit de plein droit, soit par décision du supérieur légitime. » [21]

Canon 188.4, Code de droit canonique de 1917 : « En vertu de la renonciation tacite admise ipso jure, est vacant ‘ipso facto’ et sans aucune déclaration quelque office que ce soit si le clerc : […] 4° Apostasie publiquement la foi catholique. » [22]

Qu’est-ce qu’une apostasie publique de la foi catholique ?

Canon 2197.1, Code de droit canonique de 1917 : « [ Un délit est ] “public” s’il est déjà divulgué ou s’il s’est produit ou se présente dans des circonstances telles qu’on puisse juger avec prudence qu’il doive facilement être divulgué. » [23]

Donc ce qu’on a prouvé avec grands détails, c’est pourquoi il est absolument faux de prétendre que les antipapes de Vatican 2 sont juste des ‘hérétiques matériels’. Ils ne peuvent pas être des hérétiques matériels puisque :

  • ils connaissent très bien les dogmes qu’ils nient

  • en tant qu’‘évêques’, ils sont tenus de connaître la Foi catholique - en particulier les dogmes qu’ils nient

  • ils ne tiennent pas et contredisent les mystères essentiels de la Foi - alors qu’on doit y adhérer pour être catholique.

 

Notes :

[1] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 1183.

[2] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 173.

[3] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, Paris, p.268.

[4] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, Paris, p. 220 et 221.

[5] La Doctrine de laJustification, Déclaration commune, éditions cerf / Bayard-centurion / Fleurus-Mame / Labor et Fides ; 2000, p.65.
Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html

[6] G. McDevitt, The Delict of Heresy, 48, CU, Canon Law Studies 77. Washington: 1932.

[7] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 45.

[8] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 46.

[9] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 3 (1903-1939), p. 30.

[10] he Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 3 (1903-1939), pp. 313-314.
Lettre encyclique Mortalium animos du pape Pie XI, Editions Expéditions pamphiliennes, Strasbourg, p.2.

[11] Lettre encyclique Satis Cognitum du pape Léon XIII, Editions Saint-Rémi ; 2005, Cadillac, p.37.

[12] Journal officiel du Vatican, L’Osservatore Romano, version en anglais, May 24, 1973, p. 6.

[13] Journal officiel du Vatican, L’Osservatore Romano, version en anglais, Jan. 27, 1993, p. 2.

[14] Journal officiel du Vatican, L’Osservatore Romano, version en anglais, August 24, 2005, p. 8.
Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2005/august/documents/hf_ben-xvi_spe_20050819_ecumenical-meeting_fr.html

[15] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, San Francisco, CA: Ignatius Press, 2001, canon 2202.2
Aussi sur internet : http://catho.org/9.php?d=bpf#cqr

[16] Eric F. Mackenzie, A.M., S.T.L., J.C.L. Rev., The Delict of Heresy, Washington, D.C.: The Catholic Univ. of America, 1932, p. 35. (Cf. Canon 2200.2).

[17] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 597.

[18] St. Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30.

[19] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 416.

[20] Ius Canonicum. Rome: Gregorian 1943. 2:453.

[21] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, San Francisco, CA: Ignatius Press, 2001, canon 192.
Aussi sur internet : http://catho.org/9.php?d=bol#r1

[22] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, San Francisco, CA: Ignatius Press, 2001, canon 188.4
Aussi sur internet : http://catho.org/9.php?d=bol#r1

[23] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, San Francisco, CA: Ignatius Press, 2001, canon 2197.1.
Aussi sur internet : http://catho.org/9.php?d=bpf#cqr

 

Objection 5 : L’Église ne peut pas exister sans pape, ou du moins elle ne peut pas exister 40 ans sans pape, comme le prétendent les sédévacantistes...

Réfutation : L’Église a existé sans pape pendant des années, et ça se produit chaque fois qu’un pape meurt. L’Église a connu un interrègne ( c’est-à-dire une période sans pape ) à 200 reprises au cours de son histoire. Le plus long interrègne papal ( avant l’apostasie Vatican 2 ) s’est passé entre le pape St Marcellin ( 296-304 ) et le pape St Marcel ( 308-309 ). Il a duré plus de trois ans et demi [1]. En plus, les théolologiens enseignent que l’Église peut exister sans pape pendant des décennies.

Le père Edmund James o’Reilly pulvérise le principal argument des non-sédévacantistes relatif à la longueur d’un interrègne papal ( période sans pape) en enseignant que l’église peut exister pendant des décennies en l’absence d’un pape.

Le père Edmund James O’Reilly était un éminent théologien qui vivait à l’époque du Concile Vatican 1. Écrivant après Vatican 1 et la définition qui en avait résulté sur la perpétuité de l’office pontifical, il enseignait que Dieu pouvait laisser l’Église sans pape plus de 39 ans, c’est-à-dire plus que pendant toute la durée du Grand Schisme d’Occident ( 1378-1417 ). Ce qui suit est une citation de ce qu’il a écrit sur le Grand Schisme d’Occident :

« Il est permis, à se stade, de se demander ce qui peut être dit des positions respectives des trois prétendants de l’époque, ainsi que de leurs droits sur la papauté. En premier lieu, il y a eu un pape tout ce temps, de la mort de Grégoire XI en 1378, à l’exception – bien entendu – de l’intervalle entre chaque décès et chaque élection lui faisant suite. Il y a eu, dis-je, à tout moment un pape, réellement investi de la double dignité de Vicaire du Christ et de Tête de l’Église, quelque opinion que l’on puisse avoir de son authenticité ; non pas qu’un interrègne couvrant toute la période en question eût été inconcevable ou incompatible avec les promesses du Christ, car la chose n’est nullement manifeste, mais que l’on a observé l’absence effective d’un tel interrègne. » [2]

Donc le père O’Reilly écrit qu’un interrègne (une période sans pape ) couvrant toute la durée du Grand Schisme d’Occident n’est en aucun cas incompatible avec les promesses du Christ faites à Son Église. La période dont parle le père O’Reilly a commencé en 1378 avec la mort du pape Grégoire 11, et s’est achevée en 1417 avec l’élection du pape Martin 5. Ça constitue une période sans pape ( interrègne ) de 39 ans. Et le père O’Reilly était l’un des plus éminents théologiens du 19e siècle…

Ce qui est évident, c’est que le père O’Reilly est du côté de ceux qui, en rejetant les antipapes de Vatican 2, tiennent pour possible une longue vacance du Saint-Siège. En effet, à la page 287 de son oeuvre, l’auteur lance cet avertissement prophétique :

« Le grand Schisme d’Occident me suggère une réflexion que je me permets de formuler ici. Si ce schisme ne s’était pas produit, l’hypothèse d’une telle chose semblerait chimérique [ absurde ] à beaucoup. Ils diraient que cela ne peut être, que Dieu ne permettrait pas à l’Église de se trouver dans une aussi funeste situation. Des hérésies surgiraient et se répandraient, qui auraient une longue et pénible durée, par la faute et pour la perdition de leurs auteurs et tenants, ainsi que pour la grande détresse des fidèles, accrue par les véritables persécutions sévissant dans les nombreux endroits où les hérétiques domineraient. Selon ces sceptiques, il serait impossible que l’Église véritable reste entre trente et quarante ans sans Tête, sans représentant du Christ sur terre qui soit d’authenticité absolument certaine. Or, c’est bel et bien arrivé ; et nous n’ avons aucune garantie que cela n’arrivera pas à nouveau, bien qu’il faille espérer ardemment le contraire. Ce que j’en déduis, c’est que nous ne devons pas être trop enclins à nous prononcer sur ce que Dieu peut permettre ou non. Nous savons avec une totale certitude qu’Il accomplira Ses promesses […] On peut considérer comme probable – avec une joyeuse confiance – que l’avenir sera exempt de certains des ennuis et infortunes ayant affligé le passé. Mais nous-mêmes ou nos successeurs des futures générations de chrétiens assisterons peut-être à des maux inconnus jusqu’ à présent, même avant l’approche imminente de la grande liquidation de toutes choses sur terre qui précédera le jour du Jugement. Je ne veux pas me poser en prophète, pas plus que je ne prétends entrevoir de funestes prodiges dont je n’ai pas la moindre connaissance préalable. Tout ce que je veux dire, c’est que les contingences relatives à l’Église qui ne sont pas exclues par les promesses divines ne sauraient être considérées comme impossibles dans les fait pour la seule raison qu’elles seraient terribles et douloureuses au plus haut degré. » [3]

C’est une excellente remarque. Le père O’Reilly explique que s’il n’y avait jamais eu de Grand Schisme d’Occident, les catholiques penseraient qu’une situation comme celle-là serait juste impossible ( trois prétendants à la papauté et absence d’un chef à l’authenticité incertaine pendant des décennies ) . Mais c’est précisément ce que font ceux qui qualifient aujourd’hui d’impossible la ‘thèse’ sédévacantiste, sans tenir compte des faits qui prouvent que c’est vrai.

Le Grand Schisme d’Occident est bel et bien arrivé dit le père O’Reilly, et nous n’avons aucune garantie que des choses pires que ça – non exclues par les promesses divines – ne se produiront pas à l’avenir. Il n’y a rien de contraire à l’indéfectibilité de l’Église catholique de dire que nous n’avons pas eu de pape depuis le décès de Pie 12 en 1958.

En revanche, ce qui est radicalement contraire à cette indéfectibilité c’est de prétendre que de vrais papes aient pu promulguer Vatican 2, approuver officiellement des religions fausses et païennes, promulguer la nouvelle messe protestante et soutenir que les non-catholiques n’ont pas besoin de se convertir pour leur salut. Laisser l’Église sans pape pendant une longue période de la Grande Apostasie, ça n’est rien d’ autre que le châtiment infligé par Dieu à notre génération à cause de l’iniquité du monde.

Prophétie de St Nicolas de Fluë ( 1417-1487 ) : « L’Église sera châtiée, parce que la majorité de ses membres, grands et petits, se seront pervertis. L’Église sombrera de plus en plus jusqu’ à ce qu’il semble qu’ elle soit morte et que la succession de Pierre et des autres apôtres se soit éteinte. Mais après cela, elle sera victorieusement exaltée à la vue de tous ceux qui doutent. » [4]

 

Notes :

[1] Denzinger, The Sources of Catholic Dogma, B. Herder Book. Co., Thirtieth Edition, 1957, no. 351. 51-52e;
Warren H. Carroll, A History of Christendom, Vol. 1 (The Founding of Christendom), ), p. 494; J.N.D. Kelly, Oxford Dictionary of Popes, Oxford University Press, 2005,p25

[2] Père Edmund James O’Reilly, The Relations of the Church to Society – Theological Essays, 1882.

[3] Père O’Reilly, The Relations of the Church to Society - Theological Essays, 1882

[4] Yves Dupont, Catholic Prophecy, Rockford, IL: Tan Books, 1973, p. 30.

 

Objection 6 : Les définitions de Vatican 1 sur la perpétuité de la fonction papale contredisent ce qu’affirment les sédévacantistes.

Réfutation : Les dogmes de Vatican 1 n’écartent en aucun cas l’éventualité d’une vacance du Siège papal ; en fait, c’est seulement ceux qui rejettent les antipapes Vatican 2 qui peuvent constamment accepter ces dogmes papaux, puisque Benoît 16 les rejette complètement.

RÉFUTATION AUX CITATIONS DES NON-SÉDÉVACANTISTES DE CERTAINS PASSAGES DE VATICAN I – ET ABSURDITÉ DE L’ATTITUDE D’UN ‘PAPE’ QUI NE CROIT PAS À VATICAN 1

Ceux qui tentent de réfuter le sédévacantisme citent souvent 3 passages de Vatican 1. Tous eront traités spécifiquement. Mais avant qu’on le fasse, il faut insister sur un fait qu’on vient d’examiner : il y a eu, dans l’histoire de l’Église, de longues périodes sans pape ; on a déjà mentionné l’interrègne de trois ans et demi entre le pape St Marcellinus et le pape St Marcellus.

Bien que le pape St Grégoire 7 soit mort le 25 mai 1085, ce n’est que près de deux ans plus tard – le 9 mai 1087 – que fut élu son successeur, Victor 3. Le 25 juin 1243, le pape Innocent 4 devint le 179ème successeur de saint Pierre ; mais son prédécesseur immédiat, Célestin 4, était décédé plus d’un an et demi auparavant, le 10 novembre 1241. Dans la suite du même siècle, les catholiques allaient être obligés d’attendre près de trois ans après la mort du pape Clément 4, le 29 novembre 1268, avant que l’Église se décide à élire son successeur, Grégoire 10, le 1er septembre 1271. On peut citer d’autres exemples d’interrègnes d’au moins un an entre deux papes successifs ; l’important ici étant de se rappeler que si le rapide transfert des pouvoirs papaux était chose commune, les exceptions à cette règle n’en existaient pas moins. Donc la crise actuelle n’est pas la première fois où l’Église ait eu à supporter une longue période sans pape.

On a déjà parlé des antipapes ayant régné à Rome en se faisant passer pour papes, quelquechose qu’on a vu dans le cas d’Anaclet 2 et du grand Schisme d’Occident. Il existe en plus un axiome théologique selon lequel ‘plus ou moins ne fait pas muter l’espèce, un changement de degré n’affecte pas le principe’. Si l’Église n’a ni fait défection ni perdu la succession apostolique durant une vacance de 3 ans et 7 mois, il n’y a pas de raison pour que ça se produise durant une vacance de quarante ans. Le principe reste le même, à moins qu’on puisse citer un enseignement spécifique de l’Église fixant une limite de temps à un interrègne papal.

Or, étant donné qu’il n’existe aucun enseignement fixant une limite de temps à un interrègne papal (une période sans pape) et que les définitions de Vatican 1 relatives à la perpétuité de l’office papal ne mentionnent absolument pas les vacances papales ou leur durée maximum, si les définitions de Vatican 1 apportent un démenti à la position sédévacantiste (comme le prétendent certains ), alors elles démentent tout autant l’indéfectibilité de l’Église catholique, et ce chaque fois que l’Église se retrouve sans pape. Mais bien entendu, c’est ridicule et impossible.

Ainsi, pour être cohérents avec eux-mêmes, les non-sédévacantistes qui citent Vatican 1 contre la’thèse’ sédévacantiste doivent soutenir que l’Église ne peut jamais se trouver sans pape, même un seul instant, ce qui est une absurdité évidente. C’est pourtant ce que l’un d’eux prétend très exactement dans un article où s’est glissée une bourde fort intéressante, car bien révélatrice de son profond préjugé et des erreurs ancrée dans sa position :

Chris Ferrara, ‘Opposing the Sedevacantist Enterprise’, Catholic Family News, août 2005, p. 19 : « Jamais dans son histoire, même un seul instant, l’Église ne s’est trouvée sans successeur de Pierre validement élu à la mort de son prédécesseur validement élu. » [1]

C’est évidemment absurde et totalement faux. Et l’auteur sait que c’est faux, puisque dans la phrase suivante, il ajoute ce qui suit :

Ferrara : « En effet, dans l’histoire de l’Église, le plus long interrègne entre deux papes n’a duré que deux ans et quelques mois, entre la mort de Nicolas IV (1292) et l’élection de Célestin V (1294). » [2]

D’abord, l’interrègne qu’il mentionne n’a pas été le plus long de l’histoire de l’Église ( comme on l’a vu plus haut ). Ensuite, il admet que l’Église a existé sans pape pendant des années. Il y a donc bel et bien eu quelques ‘instants’ où, dans son histoire, l’Église s’est retrouvée sans pape. Comment peut-il prétendre que l’Église ne saurait être sans pape ‘même un seul instant’ alors qu’il sait que ça n’est pas vrai ?

Ayant donc établi que l’Église peut se trouver sans pape pendant une longue période, examinons à présent les passages en question de Vatican 1.

  1. Vatican 1 déclare que la papauté est le principe durable et la fondation visible de l’unité:

    Vatican 1, Constitution dogmatique sur l’Église du Christ, Session 4 ; 18 juillet 1870 : « Pour que l'épiscopat soit un et non divisé et pour que, grâce à l'union étroite et réciproque des pontifes, la multitude entière des croyants soit gardée dans l'unité de la foi et de la communion, plaçant saint Pierre au-dessus des autres apôtres, Il établit en sa personne le principe durable et le fondement visible de cette double unité. Sur sa solidité, se bâtirait le temple éternel et sur la fermeté de cette foi, s'élèverait l'Eglise, dont la grandeur doit toucher le ciel. » [3]

    Que ce que le Christ a institué en St Pierre ( LA FONCTION DE PIERRRE ) demeure AUJOURD’HUI ENCORE ET MÊME EN L’ABSENCE DE PAPE, le principe durable et la fondation visible de l’unité : c’est prouvé chaque fois qu’un catholique sédévacantiste convertit à la Foi catholique un schismatique ‘orthodoxe’ oriental.

    Le catholique (qui est sédévacantiste) informe charitablement le schismatique oriental qu’il ( le schismatique oriental ) n’est pas dans l’unité de l’Église parce qu’il n’accepte pas ce que le Christ a institué en saint Pierre ( la fonction papale ), en plus qu’il n’accepte pas ce que les successeurs de Pierre ont enseigné de façon obligatoire au fil des siècles (notamment le concile de Trente). Ça constitue un exemple clair de la manière dont la fonction papale sert encore – et servira toujours – de principe durable d’unité visible établissant une distinction entre vrais et faux fidèles ( comme entre vraie et fausse Église). C’est vrai en l’absence de pape, et pour le sédévacantiste aujourd’hui. Cet enseignement dogmatique de Vatican 1 n’exclut pas des périodes sans pape et n’est en aucun cas contraire à la ‘thèse’ sédévacantiste.

    Document de Vatican 2, Lumen Gentium (# 15) : « Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de la communion sous le Successeur de Pierre, l’Église se sait unie pour de multiples raisons. » [4]

    On voit que Vatican 2 enseigne que la papauté n’est pas la fondation visible des unités de foi et de communion. Il enseigne que ceux qui rejettent la papauté sont en communion avec l’Église. Étant donné que c’est là l’enseignement officiel de la secte Vatican 2 et de ses antipapes, ceux qui leur adhèrent sont en contradiction avec l’enseignement précité de Vatican 1.

    Deuxièmement, l’enseignement de Vatican 1 sur la perpétuité de la fonction papale ne reste valable que pour le sédévacantiste parce que Benoît 16 enseigne explicitement que l’acceptation de la papauté n’est pas essentielle à l’unité!

    En plus du fait que c’est un autre exemple évident d’hérésie manifeste des antipapes Vatican 2, ça prouve que BENOÎT 16 ( L’HOMME QU’ILS PRETENDENT QU’IL EST LE ‘PAPE’ ) NIE LE DOGME MÊME DE VATICAN 1 SUR LEQUEL S’APPUIE JUSTEMENT CETTE OBJECTION!

  2. La papauté durera toujours:

    Vatican 1, Constitution dogmatique sur l’Église du Christ, Session 4, chapitre 2 : « Ce que le Christ notre Seigneur, chef des pasteurs et pasteur suprême des brebis, a institué dans le saint apôtre [ St Pierre ] pour le salut éternel et le bien de l'Eglise doit nécessairement, grâce au même promoteur, se poursuivre sans interruption dans l'Eglise, laquelle, fondée sur la pierre, subsistera ferme jusqu'à la fin des siècles. » [6]

    Oui, ce que le Christ a institué en saint Pierre ( LA FONCTION PAPALE ) doit se poursuivre sans interruuption, jusqu’à la fin des temps. Qu’est-ce que la fonction papale ? C’est la fonction de saint Pierre que remplit tout évêque authentique et légitime de Rome. Ça signifie et garantit que chaque fois qu’il y a un titulaire authentique et valide de la fonction, cet homme reçoit du Christ l’infaillibilité ( dans sa capacité d’enseignement autoritaire et obligatoire ), il est investi de l’autorité suprême sur l’Église universelle, et il est la tête visible de l’Église. Ça reste vrai pour chaque titulaire authentique et légitime de la fonction papale jusqu’à la fin des temps. Ça ne veut pas dire que l’Église aura toujours un tel occupant, comme le démontrent l’histoire de l’Eglise et plus de 200 vacances papales, et ça ne signifie pas non plus qu’il soit impossible de voir des antipapes régner depuis Rome ( comme par exemple l’antipape Anaclet 2, qui régna de 1130 à 1138). Cette définition n’apporte rien aux non-sédévacantistes ; donc poursuivons.

  3. Pierre aura pour toujours des successeurs dans la primauté sur l’Église universelle:

    Pape Pie 9, Premier Concile du Vatican, Session 4, chapitre 2, ( Canon ) : « Si donc quelqu'un dit que ce n'est pas par l'institution du Christ ou de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l'Eglise universelle, ou que le pontife romain n'est pas successeur de saint Pierre en cette primauté: qu'il soit anathème. » [7]

    Ce canon est le préféré de ceux qui argumentent contre la ‘thèse’ sédévacantiste ; mais comme on le verra, il n’apporte rien à leur cause. Les mots et les distinctions sont très importants, et leur compréhension peut souvent faire toute la différence entre le protestantisme et le catholicisme.

    Le canon de Vatican 1 condamne ceux qui nient ‘que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l'Eglise universelle’. Notez la phrase ‘pour toujours, des successeurs DANS SA PRIMAUTE’. Comme on l’a vu, ça ne signifie pas et ne peut pas signifier qu’on aura toujours un pape. Et c’est bien pourquoi le canon ne dit pas ‘nous aurons toujours un pape’. C’est un fait qu’on a connu des périodes sans pape. Alors, que signifie ce canon ?

    Pour le comprendre, on doit se rappeler qu’il y a des schismatiques qui estiment que saint Pierre lui-même a reçu de Jésus-Christ la primauté sur l’Église universelle, mais que cette primauté sur l’Eglise universelle ne lui a pas survécu. Ils soutiennent que les Evêques de Rome ne sont pas des successeurs de la même primauté qu’avait Pierre. Ils soutiennent que la primauté pleine et entière ne se transmet pas aux papes, bien qu’ ils aient succédé à saint Pierre en tant qu’évêque de Rome. Là encore : les schismatiques ‘orthodoxes’ admettraient que les évêques de Rome sont des successeurs de St Pierre dans une certaine mesure, parce que ces derniers lui succèdent en tant qu’évêques de Rome, mais non pas comme successeurs dans la même primauté juridictionnelle sur l’Église universelle, que St Pierre détenait de son vivant. Telle est l’hérésie qui fait l’objet du canon ci-dessus.

    Cette hérésie, qui consiste à nier que le pape est le successeur de St Pierre dans la même primauté durable ( c’est-à-dire qu’à chaque fois qu’il y a un pape jusqu’à la fin des temps, il est un successeur dans la même primauté, avec la même autorité que possédait St Pierre ), c’est précisément celle que condamne le canon en question.

    Pape Pie 9, Premier Concile du Vatican, Session 4, chapitre 2, (Canon ) : « Si donc quelqu'un dit que ce n'est pas par l'institution du Christ ou de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l'Eglise universelle, ou que le pontife romain n'est pas successeur de saint Pierre en cette primauté : qu'il soit anathème. » [8]

    Quand on comprend ça, on perçoit clairement la signification de ce canon. C’est souligné à la fin par les mots ‘ou que le pontife romain n'est pas successeur de saint Pierre en cette primauté : qu'il soit anathème’. Ce canon ne déclare pas qu’on aura un pape à tout moment ou qu’il n’y aura pas d’interrègnes, puisque c’est clair qu’on en a déjà eu. La signification du canon ne signifie rien d’autre que ce qu’il dit. Il condamne ceux qui nient que Pierre a pour toujours des successeurs dans la primauté, c’est-à-dire ceux qui nient que chaque fois qu’il y a un pape vrai et légitime jusqu’à la fin des temps, il est un successeur dans la même primauté, avec la même autorité que possédait St Pierre.

    Ce canon ne prouve rien aux non-sédévacantistes, mais il prouve bien quelquechose pour nous. Souvenez-vous : Benoît 16 rejette aussi ce dogme sur la primauté des papes !

BENOÎT 16 REJETTE COMPLETEMENT CE CANON ET VATICAN 1

Benoît 16, Les Principes de la Théologie Catholique, (1982), p. 221: « Mais, d’un autre côté, il ne peut absolument pas considérer la manière dont se présente la primauté aux XIXe et XXe siècles comme étant la seule possible et qui s’imposerait à tous les chrétiens. [ c’est-à-dire que les schismatiques peuvent ne pas accepter Vatican 1 ]. Les gestes symboliques de Paul VI, jusqu’à son agenouillement devant le représentant du patriarche œcuménique [ le Patriarche schismatique Athénagoras ], veulent justement exprimer cela et, par de tels signes, nous faire sortir des étroits sentiers de l’état historique actuel… Autrement dit : Rome ne doit pas exiger de l’Orient, au sujet de la doctrine de la Primauté, plus que ce qui a été formulé et vécu durant le premier millénaire. Lorsque le Patriarche Athénagoras [ le Patriarche schismatique non-catholique ], lors de la visite du Pape au Phanar, le 25.7.1967, désignait ce Pape comme le successeur de Pierre, le premier en honneur d’entre nous, celui qui préside à la charité, on retrouvait, dans la bouche de ce grand chef d’Eglise, le contenu essentiel des énoncés du premier millénaire au sujet de la primauté, et Rome ne doit pas exiger davantage. » [9]

Ça signifie une fois de plus que, selon Benoît 16, les chrétiens ne sont pas tous tenus de croire en la papauté telle que Vatican 1 l’a définie en 1870. Autrement dit : que les schismatiques ‘orthodoxes’ sont libres de rejeter la papauté. C’est un déni fracassant – par l’homme qui prétend être pape – du Concile Vatican 1 et de la nécessité d’accepter la primauté. Qui s’élèvera contre cette abomination démentielle ?

Pape Pie 9, Concile Vatican 1 ; 1870, Session 4, chapitre 3 ; ex cathedra : « … qui impose aux fidèles de croire que le Saint-Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur tout l'univers et que le pontife romain est quant à lui le successeur du bienheureux Pierre, prince des apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de l'Eglise entière… Ainsi donc, Nous enseignons et déclarons que l'Eglise romaine, par disposition du Seigneur, possède sur toutes les autres une primauté de pouvoir ordinaire… Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s'écarter sans danger pour la foi et le salut. » [10]

De plus, notez que Benoît 16 reconnaît que les gestes symboliques accomplis par Paul 6 devant le patriarche schismatique ‘veulent justement exprimer cela’, c’est-à-dire que ces gestes (comme de se mettre à genoux devant le représentant du patriarche schismatique non-catholique Athenagoras ) signifiaient que les schismatiques ne sont pas tenus de croire en la papauté ni en Vatican 1 ! Considérez ça comme une formidable confirmation de tout ce qu’on a dit concernant les gestes incessants de Jean-Paul 2 en direction des schismatiques : leur offrir des reliques ; leur faire des dons ; louer leurs ‘Églises’, s’asseoir sur des sièges égaux aux leurs ; signer avec eux des déclarations communes ; lever les excommunications contre eux.

On a signalé à maintes reprises que ces seules actions ( sans même considérer ses autres déclarations ) constituaient un enseignement selon lequel les schismatiques n’ont pas à accepter le dogme de la papauté. D’innombrables faux traditionnalistes et membres de l’Eglise Vatican 2 l’ont nié et ont essayé d’expliquer ces gestes en les qualifiant de simplement scandaleux ou quelquechose du même genre, mais non pas d’hérétiques. Eh bien, voici justement Ratzinger lui-même – aujourd’hui Benoît 16, nouvelle ‘tête’ de l’église Vatican 2– qui reconnaît ce qu’on a dit.

Dans le chapitre consacré aux hérésies de Benoît 16, on a exposé de façon encore plus détaillée ses autres désaveux de Vatican1. On n’y reviendra donc pas ici ; pour en savoir plus, veuillez consulter le chapitre en question.

Alors dites-moi, cher lecteur… : qui nie Vatican 1 ? Qui dément les dogmes relatifs à la perpétuité, à l’autorité et aux prérogatives de la fonction papale ? Qui dément ce que le Christ a institué en St Pierre ? Est-ce que ce sont les sédévacantistes, qui signalent à juste titre qu’un homme s’attachant à désavouer Vatican 1 est hors de l’Église, hors de l’unité, puisqu’il rejette – entre autres choses – le principe perpétuel d’unité ( la papauté ) et ne peut donc pas occuper une fonction ou diriger une Église en laquelle il ne croit même pas ?

St Robert Bellarmin ; 1610 : « Un pape manifestement hérétique cesse automatiquement ( per se [ de lui-même ] ) d'être le pape et la tête, de la même façon qu'il cesse automatiquement d'être un chrétien et un membre de l'Église. De ce fait, il peut être jugé et puni par l’Église. C'est l’enseignement de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction. »

St François de Sales, Docteur de l’Église : « Ce serait en effet l'un des monstres les plus étranges qui pourraient être vus - si le chef de l'Eglise n'était pas de l'Eglise. » [11]

Les vrais négateurs de la papauté et de Vatican 1 ne sont-ils pas plutôt ceux qui professent union avec un homme ne croyant manifestement pas à Vatican 1 ; un homme qui ne croit même pas que la papauté et Vatican 1 sont obligatoires pour tous les chrétiens ; un homme qui ne croit même pas que la papauté était vécue durant le premier millénaire ?

La réponse est évidente aux yeux de quiconque examine ces faits avec honnêteté et sincérité : ceux qui démentent la papauté, ce sont l’antipape Benoît 16 et tous ceux qui s’obstinent à rester en union avec lui ; ceux qui sont fidèles à la papauté, ce sont les sédévacantistes.

 

Notes :

[1] Chris Ferrara, “Opposing the Sedevacantist Enterprise,” Catholic Family News, Niagra Falls, NY, August 2005, p. 19

[2] Chris Ferrara, “Opposing the Sedevacantist Enterprise,” Catholic Family News, August 2005, p. 19

[3] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3051.

[4] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-2, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 1749.
Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html

[5] Benoît 16, Les Principes de la Théologie Catholique –Esquisse et matériaux ; Paris : Pierre Téqui éditeur, 1982, p.220-221

[6] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3056.

[7] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3058.

[8] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 3058.

[9] Benoît 16, Les Principes de la Théologie Catholique –Esquisse et matériaux ; Paris : Pierre Téqui éditeur, 1982, p.221

[10] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, références 3059 et 3060.

[11] St. Francis De Sales, The Catholic Controversy, Tan Books, 1989, p. 45.

 

Objection 7 : Personne ne peut juger le Saint-Siège… Donc, les papes de Vatican 2 sont de vrais papes.

Réfutation : D’abord, il faut bien comprendre ce que signifie l’enseignement ‘Personne ne peut juger le Saint-Siège’. Cet enseignement remonte à l’Église primitive. À cette époque, lorsqu’un évêque était accusé d’un crime, on organisait parfois un procès présidé par d’autres évêques, ou d’ un patriarche bénéficiant d’une grande autorité. Ces évêques se faisaient donc les juges des évêques accusés. Mais l’évêque de Rome étant l’évêque suprême de l’Église, il ne peut être soumis à aucun procès par d’autres évêques ou par d’autres gens.

Pape St Nicolas 1er, épître ( 8 ), Proposueramus quidem ; année 865 : « … Le juge ne sera jugé ni par l'empereur, ni par tout le clergé, ni par les rois, ni par le peuple... ‘Le premier Siège ne sera jugé par personne’. » [1]

Voilà donc ce que signifie ‘Personne ne peut juger le Saint-Siège’. Cet enseignement n’a rien à voir avec le fait de reconnaître un hérétique manifeste comme quelqu’un qui ne peut pas être un vrai pape. Et ça nous amène au second point, qui est le plus important :

Deuxièmement : Le Saint-Siège nous a dit qu’aucun hérétique ne pouvait être accepté comme un occupant valide du Saint-Siège ( comme pape ) ! Avec la plénitude de son autorité, le pape Paul 4 a défini que quiconque a été promu à la Papauté alors qu’il est hérétique, n’est pas un pape véritable et valide ; et qu’il peut être rejeté comme magicien, païen, publicain et hérésiarque.

Pape Paul 4, Bulle Cum ex Apostolatus Officio ; 15 février 1559 : « § 6. De plus, [ en vertu de cette constitution Nôtre, valide à perpétuité…Nous décidons, statuons, décrétons et définissons ] si jamais il advient qu' un évêque, même ayant fonction d'archevêque, de patriarche ou de primat ; qu' un cardinal de l'Église Romaine, même légat ; qu'un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie :

  1. la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l'assentiment unanime de tous les cardinaux, est nulle, invalide, vaine

  2. et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle deviendrait valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration, ou entre ensuite en posession du gouvernement et de l’administration ou par l’intronisation du pontife romain ou par l’acte d’agenouillement fait devant lui, ou par l’acte d’obédience à lui rendu par tous, et ce quelle que soit la durée de cette situation.

  3. On ne pourra tenir l’élection pour légitime en aucune de ses parties…

  4. Ces personnes ainsi promues ou élevées seront, par le fait même [ automatiquement ], sans qu’ il faille quelque autre déclaration ultérieure, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois...

§ 7. [ En vertu de cette constitution Nôtre, valide à perpétuité…Nous décidons, statuons, décrétons et définissons : ] Toutes et chacune des personnes subordonnées, tant les clercs séculiers et réguliers que les laïcs ; comme aussi les cardinaux [ etc…] …qu’il leur soit licite [ permis ] de se dégager impunément de l’obéissance et du service envers eux et de les éviter comme magiciens, païens, publicains, hérésiarques. Ces mêmes sujets devront néanmoins demeurer attachés à la fidélité et à l’obéissance des futurs évêques, archevêques, patriarches, primats, cardinaux et du pontife romain entrant canoniquement en fonction.

§ 10. En conséquence, il ne sera permis à aucuen personne d’enfreindre ce texte de notre approbation, innovation, sanction, statut, dérogation, volonté et décret avec une téméraire audace. Si quelqu’un avait la présomption de le tenter, qu’il sache que cela lui fera encourir l’indignation de Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, en la [ 1559 ième ] année de l’Incarnation du Seigneur, le 15 des calandes de mars, en la quatrième année de notre pontificat. [ 15 février 1559 ]

Moi Paul [ 4 ], évêque de l’Eglise catholique. » [2]

Donc quand on rejette comme invalides les prétendants hérétiques à la papauté qui se sont succédé depuis Vatican 2, on adhère et on obéit à l’enseignement du Saint-Siège qui révèle qu’ils ne sont pas de vrais papes.

Troisièmement : C’est au début de cette bulle, avant d’indiquer que les fidèles peuvent rejeter comme entièrement invalide l’ ‘élection’ d’un hérétique, que le pape Paul 4 répète l’enseignement disant que personne ne peut juger le pape :

Pape Paul 4, Bulle Cum ex Apostolatus Officio ; 15 février 1559 : « § 1. Nous considérons la situation actuelle assez grave et dangereuse pour que le Pontife Romain, Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ sur terre, revêtu de la plénitude du pouvoir sur les nations et les royaumes, juge de tous les hommes et ne pouvant être jugé par personne en ce monde [ omnesque iudicat, a nemine in hoc saeculo iudicandus ], puisse toutefois être contredit s'il dévie de la Foi catholique. » [3]

Est-ce-qu’on pourrait trouver une autre confirmation ; aussi frappante que celle-là ?! La position sédévacantiste ne contredit pas l’enseignement ‘Personne ne peut juger le Saint-Siège’ ; elle est confirmée : le pape Paul 4 répète cet enseignement immédiatement avant de déclarer que les fidèles doivent reconnaître comme invalide l’élection d’un hérétique !

Contrairement aux non-sédévacantistes qui nous sortent l’argument ‘Personne ne peut juger le Saint-Siège’, le pape Paul 4 établit une juste distinction entre un vrai pape catholique que personne ne peut juger, et un hérétique manifeste ( comme Benoît 16 ) qui s’est révélé comme un non-catholique qui n’est pas pape, puisqu’il se tient en dehors de la vraie Foi. C’est la preuve frappante que les sédévacantistes qui tiennent pour invalide l’ ‘élection’ de l’hérétique manifeste Joseph Ratzinger ne jugent pas un pape.

Quatrièmement, beaucoup de ceux qui tentent de défendre les ‘papes’ Vatican 2 en disant ‘Personne ne peut juger le Saint-Siège’ se rendent eux-mêmes coupables de juger les actions les plus ‘autoritaires’ de ceux qu’ils considèrent comme des occupants valides du Saint-Siège. La plupart des faux- traditionalistes rejettent Vatican 2, les ‘canonisations’ effectuées par les ‘papes’ Vatican 2, etc... Eh bien c’est une attitude schismatique qui rejette les actions ‘autoritaires’ de ce qu’ils considèrent comme étant le Saint-Siège. Ça prouve que ces ‘papes’ ne sont pas du tout des papes : ils n’occupent pas le Saint-Siège.

 

Notes :

[1] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 638.

[2] Bulle du pape Paul IV, Cum ex apostolatus ; 1559, citée dans Saint Pie V, Loi contre les clercs hérétiques ; Editions Expéditions pamphiliennes, Strasbourg, p. 10-15-17-20.

[3] Traduit de la version originale en latin dans Bulle du pape Paul IV, Cum ex apostolatus ; 1559, citée dans Saint Pie V, Loi contre les clercs hérétiques ; Editions Expéditions pamphiliennes, Strasbourg, p. 22.

 

Objection 8 : St Robert Bellarmin a dit qu’on ne pouvait pas déposer un pape, mais qu’il était licite [ autorisé ] de lui résister. Mais les sédévacantistes jugent, punissent et déposent le pape…

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, Livre II, Chap. 29 : « De même qu'il est licite de résister au Pontife qui agresse le corps, de même est-il licite de résister au Pape qui agresse les âmes ou qui trouble l'ordre civil, et, à plus forte raison, au Pape qui tente de détruire l'Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est cependant pas licite de le juger, de le punir ou de le déposer. »

Réfutation : Beaucoup de ceux qui croient que Benoît 16 est pape, mais qui rejettent les actions officielles de son ‘Église’ ( comme par exemple Vatican 2 ) cherchent une justification de leur thèse erronée dans ce passage de St Robert Bellarmin, qui est du reste l’une des pièces à conviction les plus communément brandies pour tenter de réfuter le point de vue sédévacantiste. Le souci, c’est que ce passage a été entièrement déformé et mal appliqué.

Tout d’abord, dans le chapitre précédant immédiatement la citation plus haut de St Robert Bellarmin, voilà ce qu’il enseigne aussi :

« Un pape manifestement hérétique cesse automatiquement ( per se [ de lui-même ] ) d'être le pape et la tête, de la même façon qu'il cesse automatiquement d'être un chrétien et un membre de l'Église. De ce fait, il peut être jugé et puni par l’ Église. C'est l’ enseignement de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction. » [1]

Attendez, 2 secondes…. Au chapitre 29 de son œuvre ( le passage cité en haut ), St Robert dit qu’on ne peut pas ‘juger, punir ou déposer’ le pape. Mais au chapitre 30, il dit qu’ un hérétique manifeste cesse d’être pape ( il est donc déposé ) et peut être ‘jugé et puni’ par l’Église.

Ma question à ceux qui font cette objection, c’est celle-là : St Robert Bellarmin est-il stupide ?

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, chapitre 29 :


On ne peut pas ‘juger, punir ou déposer’ un pape

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, chapitre 30 :


Un pape qui est un hérétique manifeste est déposé, jugé et puni »

St Robert Bellarmin n’est ni stupide ni ne se contredit. Il est docteur de l’ Église et sait très bien ce qu’il veut dire. C’est clairement évident : il ne parle pas au chapitre 29 d’un pape manifestement hérétique, mais d’un vrai pape qui donne le mauvais exemple, sans être pour autant un hérétique manifeste. Le contexte du chapitre le confirme sans laisser la moindre place au doute.

Au chapitre 29, St Robert réfute longuement 9 arguments favorables à l’idée que le pape serait soumis au pouvoir séculier ( empereur, roi, etc...) et à un concile œcuménique ( hérésie du conciliarisme ) . Au moyen âge, l’hérésie conciliariste ( qui professait l’assujettissement d’un pape à un concile œcuménique ) posait un grave problème. En s’opposant à cette hérésie, St Robert Bellarmin dit que si un catholique peut résister à un mauvais pape, il ne peut néanmoins pas le déposer - même si le pape donne un mauvais exemple, perturbe l’État ou tue les âmes par son action. Mais il parle là d’un pape qui n’est pas un hérétique manifeste, car il traite au chapitre suivant de la conduite à tenir vis-à-vis d’un pape manifestement hérétique ! C’est simple ; il dit au chapitre suivant qu’ un hérétique manifeste n’est pas considéré comme un pape.

En gardant ça en tête, l’objection contre le sédévacantisme s’appuyant sur Bellarmin est réfutée. Au chapitre 29, le saint ne parle pas d’ un pape manifestement hérétique, mais d’ un vrai pape qui se comporte mal, car il explique au chapitre 30 qu’ un pape manifestement hérétique est bel et bien déposé, jugé et puni. Pour les écrivains ‘catholiques’, c’est un péché mortel par omission de citer sans cesse le passage en question du chapitre 29 sans jamais préciser ce que St Robert écrit au chapitre suivant sur un pape manifestement hérétique. On range dans cette catégorie les personnes qui écrivent pour certaines des publications faussement traditionnelles les plus populaires. Ces auteurs supprime l’enseignement que St Robert donne au chapitre 30 – en accord avec tous les autres saints, papes et canonistes qui enseignent qu’ un pape manifestement hérétique est démis de ses fonctions – car ils veulent faire croire à leurs lecteurs que St Robert Bellarmin condamne le sédévacantisme, alors qu’en réalité, lui-même et tous les premiers Pères de l’Église soutiennent qu’un hérétique manifeste n’est pas un pape.

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30 : « En premier lieu, en effet, il est prouvé par des arguments d'autorité et de raison que l'hérétique manifeste est ipso facto destitué. L'argument d'autorité se fonde sur saint Paul ( Tite, 3 :10 ), qui stipule que l'hérétique doit être évité après avoir été deux fois averti, donc après s'être montré manifestement obstiné, et ainsi avant toute excommunication ou sentence judiciaire. Et c'est ce que saint Jérôme écrit quand il ajoute que les autres pécheurs sont exclus de l'Église par une sentence d'excommunication, mais que c'est de leur propre fait que les hérétiques s'exilent et se séparent eux-mêmes du corps du Christ. »

Et St Robert Bellarmin enseigne encore : « Ce principe est le plus sûr. Le non-chrétien ne peut en aucun cas être pape, comme Cajetan l'admet lui-même (ib. c. 26). La raison en est qu'il ne peut pas être la tête de ce dont il n'est pas membre ; celui qui n'est pas chrétien n'est pas membre de l'Église, et un hérétique manifeste n'est pas un chrétien, comme l'enseignent clairement saint Cyprien ( lib. 4, Epist. 2 ), saint Athanase ( Scr. 2 cont. Arian. ), saint Augustin ( Lib. De Grat. Christ. cap. 20 ), saint Jérôme ( contra Lucifer ) et d'autres ; l'hérétique manifeste ne peut donc pas être pape. » [2]

 

Notes :

[1] St. Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30.

[2] St. Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30.

 

Objection 9 : Le pape Libère a cédé aux hérétiques ariens et excommunié saint Athanase ; pourtant, il est resté pape…

Réfutation : C’est faux que le pape Libère ait cédé aux ariens, signé le moindre document arien ou même excommunié St Athanase. Le pape Libère fut un loyal défenseur de la vérité pendant la crise arienne, mais son retour d’exil amena certains à penser qu’il avait fait des compromissions, alors qu’en fait, il n’en avait pas fait. Citons le pape Pie 9 :

Pape Pie 9, Quartus Supra ; 6 janvier 1873, sur les fausses accusations : « Et auparavant, les Ariens accusèrent faussement Libère, Notre autre prédécesseur, auprès de l’Empereur Constantin, au motif que Libère avait refusé de condamner saint Athanase, Évêque d’Alexandrie, et refusé de soutenir leur hérésie. » [1]

Pape Benoît 15, Principi Apostolorum Petro ; 5 octobre 1920 : « En vérité, et sauf à démontrer qu’ils ont failli à leur devoir, certains ont choisi sans peur l’exil, comme Libère, Silvère et Martin. » [2]

Selon Pie 9 et Benoît 15, le pape Libère n’a failli en rien durant la crise arienne, et il fut faussement accusé par les ennemis de l’Église pour avoir tenu bon. Le pape St Athanase 1er en porte lui aussi témoignage :

Pape saint Athanase 1er, épître Dat mihi plurimum, aux alentours de l’an 400 : «Une très grande joie m'est donnée par le fait, qui est l'oeuvre du Christ, que l'Italie victorieuse dans tout l'univers, enflammée d'un zèle et d'un empressement divins, a gardé intègre la foi transmise par les apôtres et établie par les anciens, et cela au moment, il est vrai, où Constance de divine mémoire a régné victorieux sur l'univers, et que la faction arienne n'a pu insinuer aucune hérésie et introduire ainsi ses souillures, parce que notre Dieu, nous le croyons, a veillé à ce que cette foi sainte et immaculée ne soit pas altérée par le blasphème d'hommes infâmes : cette foiPour elle ils ont volontiers accepté l'exil, ceux qui alors se sont montrés de saints évêques, à savoir Denys, à cause de cela serviteur de Dieu, un homme instruit par l'enseignement divin, et ceux de sainte mémoire qui ont suivi son exemple, Libère, l'évêque de l'Eglise romaine, de même Eusèbe de Verceil, Hilaire de Gaule, pour ne pas parler de ceux, nombreux, qui ont pu préférer être fixés sur la croix plutôt que de blasphémer Dieu le Christ comme y poussait l'hérésie arienne, ou d'appeler le Fils de Dieu, Dieu le Christ, une créature du Seigneur.» [3]

Ça n’est pas le pape Libère, mais le pseudo-évêque Ischyras qui, avant d’usurper le Siège d’Alexandrie, en a chassé St Athanase.

Pape Pie 6, Charitas ; 13 avril 1791 : « Peut-être est-ce en récompense de ces actions que Jean-Jospeh Gobel, évêque de Lidda, fut élu Archevêque de Paris alors même que l’archevêque vivait encore. Il suivit en cela l’exemple d’Ischyras, qui fut proclamé évêque d’Alexandrie au Concile de Tyre pour paiement du service peccamineux qu’il avait rendu en accusant saint Athanase et en le chassant de son Siège. » [4]

 

Notes :

[1] The Papal Encyclicals, par Claudia Carlen, Raleigh: The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 417.

[2] The Papal Encyclicals, par Claudia Carlen, Raleigh: The Pierian Press, 1990, Vol. 3 (1903-1939), p. 195.

[3] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 209.

[4] The Papal Encyclicals, par Claudia Carlen, Raleigh: The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 180.

 

Objection 10 : Le pape Pie 12 a déclaré, dans Vacantis Apostolicae Sedis, qu’un cardinal pouvait être élu pape, quelle que soit l’excommunication qui le frappait.

Pape Pie 12, Vacantis Apostolicae Sedis ; 8 décembre 1945 : « Aucun cardinal ne peut d’aucune manière être exclu de l’élection active et passive du souverain pontife sous le prétexte de n’importe quelle excommunication, suspense, interdit ou de tout autre empêchement ecclésiastique. Nous suspendons ces censures seulement pour ladite élection ; elles conserveront leurs effets en d’autres occasions. ( AAS 38 [1946 ], p.76). »

Réfutation : Comme on l’a déjà démontré, c’est un dogme que :

  1. les hérétiques ne sont pas membres de l’Église

  2. et qu’un pape est la tête de l’Église.

C’est donc un fait dogmatique qu’un hérétique ne peut pas être chef de l’Église, puisqu’il n’en est pas membre.

Que veut donc dire le pape Pie 12 dans Vacantis Apostolicae Sedis? Tout d’abord, il faut comprendre qu’on peut encourir l’excommunication pour de nombreux motifs. Historiquement, les excommunications étaient distinguées par les termes majeure et mineure. L’hérésie et le schisme ( péchés contre la foi ) en plus d’autres péchés graves, tombent sous le coup de l’excommunication majeure. Les individus qui étaient frappés d’excommunication majeure pour hérésie n’étaient pas membres de l’Église (comme on l’a longuement démontré ). En revanche, l’excommunication mineure n’a jamais exclu personne de l’Église, mais interdisait quelqu’un de participer à la vie sacramentelle de l’Église. Le pape Benoît 14 a exposé cette distinction :

Pape Benoît 14, Ex Quo Primum ; 1er mars 1756 : « De plus, les hérétiques et les schismatiques sont soumis à la censure de l’excommunication majeure par l’autorité du Can. De Ligu. 23, quest. 5 et du Can. Nulli, 5, dist. 19. » [1]

L’excommunication mineure, d’autre part, était infligée pour des choses tels que la divulgation d’un secret du Saint Office, la falsification de reliques (c. 2326), le viol d’une clôture monacale (c. 2342), etc. Il s’agissait toujours là de peines ecclésiales ou peines d’Église. Mais, quoique gravement pécheurs, de tels actes ne séparaient pas une personne de l’Église. Et bien que les expressions ‘excommunication majeure’ et ‘excommunication mineure’ ne soient plus utilisés, ça reste un fait qu’on peut toujours tomber sous le coup d’une excommunication ( pour un autre motif que l’hérésie ) qui ne sépare pas de l’Église, et il pourrait tomber sous le coup d’une excommunication pour hérésie qui le séparerait de l’Église.

C’est pourquoi un cardinal qui reçoit une excommunication pour hérésie n’est plus cardinal, parce que les hérétiques sont hors de l’Église catholique ( de fide, pape Eugène 4 ). Mais un cardinal qui reçoit une excommunication pour un autre motif reste cardinal, quoique en état de péché grave.

Donc, quand le pape Pie 12 dit que tous les cardinaux, quel que soit l’empêchement ecclésiastique qui les frappe, peuvent voter et être élus lors d’un conclave papal, ça suppose les cardinaux qui ont reçu une excommunication pour un motif autre que l’hérésie, puisque un cardinal qui a reçu une excommunication pour hérésie n’est pas du tout cardinal. Le point clé à bien comprendre ici, c’est que l’hérésie n’est pas qu’un empêchement ecclésiastique - ce n’est donc pas de ce dernier dont parle Pie 12 - mais un empêchement par loi divine.

Le canoniste Maroto explique : « Les hérétiques et les schismatiques sont empêchés d’accéder au suprême pontificat par la loi divine elle-même… ils n’en doivent pas moins être considérés comme empêchés d’occuper le trône du Siège apostolique… » [2]

Remarquez: les hérétiques ne sont pas exclus de la papauté par de simples empêchements ecclésiastiques, mais par des empêchements découlant de la loi divine. Or, la législation de Pie 12 ne s’applique pas à l’hérésie, parce qu’il parlait d’empêchements ecclésiastiques : « … ou autre empêchement ecclésiastique… ». Dès lors, sa législation ne montre pas que les hérétiques puissent être élus et rester papes, ce pourquoi il n’a pas mentioné des hérétiques. Le pape Pie 12 se référait aux cardinaux catholiques qui pouvaient faire l’objet d’une excommunication.

Pour prouver encore le point, supposons pour les besoins de la démonstration que la législation du pape Pie 12 voulait bien dire qu’un cardinal hérétique pouvait être élu pape. Notez ce que dit Pie 12 :

« Nous suspendons ces censures seulement pour ladite élection ; elles conserveront leurs effets en d’autres occasions. »

Pie 12 dit que l’excommunication est suspendue seulement pour le temps de l’élection ; et qu’elle conservera ses effets en d’autre occasions. Autrement dit, l’excommunication pour hérésie retrouverait toute sa vigueur aussitôt après l’élection, et l’hérétique qui aurait été élu pape entre-temps perdrait son poste ! Donc peu importe comment on considère la question, un hérétique ne peut pas être validement élu et demeurer pape.

St Antonin ; 1459 : « Dans le cas où le pape deviendrait un hérétique, il se trouverait séparé de l’Église rien que par ce fait et sans autre jugement. Une tête séparée du corps ne peut, tant qu’elle demeure dans cet état, être la tête du même corps dont elle a été coupée. Un pape qui serait séparé de l’Église par l’hérésie, cesserait donc, rien que par ce fait, d’être la tête de l’Église. Il ne pourrait pas être à la fois hérétique et pape, car puisqu’ il serait hors de l’Église, il n’en possèderait pas les clefs. » (Summa Theologica, cité dans Actes de Vatican I. V. Frond Pub.)

 

Notes :

[1] The Papal Encyclicals, par Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 84.

[2] Institutiones Iuris Canonici, 1921.

 

Objection 11 : Quelle importance ça fait de savoir si Benoît 16 est pape ou non ? Ça ne me concerne pas.

Réfutation : Si ça n’est pas important que Benoît 16 soit pape ou non, alors le non-catholicisme de la secte Vatican 2 n’a pas d’importance non plus, la nouvelle messe non plus, etc. On ne peut pas séparer l’un de l’autre. Vous ne pouvez pas séparer le pape de l’Église. En plus, maintenir que Benoît 16 est chef de l’Église catholique, ça revient à affirmer que les portes de l’enfer ont prévalu contre Elle.

Par ailleurs, s’obstiner à reconnaître Benoît 16 comme pape, c’est pécher contre la Foi ; car c’est affirmer que quelqu’un a la vraie Foi, alors qu’il a apostasié contre et est hérétique manifeste. Enfin, reconnaître Benoît 16 et les autres antipapes de Vatican 2 comme de vrais papes, c’est scandaliser les non-catholiques dans la mesure où on se prive de leur présenter constamment la Foi. Sur ce point, il nous faut à présent parler du Terrible Dilemme, afin de montrer à quel point cette question est importante.

Le Terrible Dilemme : Pourquoi les catholiques ne peuvent même pas exposer la Foi à un protestant s’ils reconnaissent les antipapes de Vatican 2 comme étant de vrais papes

Supposez que demain vous rencontriez un protestant bien informé qui souhaiterait devenir catholique. Bien que cet homme exprime le désir de devenir ‘catholique’, il a beaucoup de mal à admettre l’enseignement de l’Église catholique sur la justification : il rejette les canons et les décrets du Concile de Trente ( 16e siècle ). Tandis qu’ il vous explique son point de vue, vous vous dites : ‘Comment cet homme s’attend-t’il à devenir catholique alors qu’il n’ajoute pas foi aux enseignements du Concile de Trente sur la justification ?’

Donc, étant un catholique charitable, vous l’informez que s’il veut devenir catholique, il doit accepter et croire l’enseignement du Concile de Trente sur la justification et répudier le point de vue de Luther sur la justification par la foi seule ( sola fide ), car l’Église catholique (sans même parler de la Sainte Écriture : Jacques 2 :24 ) condamne l’idée d’une justification qui ne passerait que par la foi.

Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 6, chapitre 10, ex cathedra : « ‘Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres ET NON PAR LA FOI SEULE’ [ Jacques 2:24 ]. » [1]

Mais le protestant va vous répondre ça :

« Excusez-moi monsieur, mais je ne suis pas tenu d’accepter et de croire l’enseignement du Concile de Trente pour devenir catholique. Je n’ai pas à croire non plus que la justification par la foi seule soit une hérésie, comme vous le dites. En effet, votre pape Benoît 16, et son prédécesseur Jean-Paul 2, qui sont tous deux catholiques, ont accepté et approuvé un document qui dit que la justification par la foi seule n’est pas une hérésie et que les canons de Trente sur la justification ne s’appliquent pas à l’explication luthérienne de la justification ». Et il va poursuivre en invoquant trois arguments à l’appui de sa position.

  1. Le protestant commencera par vous citer la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification, approuvée par le Vatican le 31 octobre 1999. Et il brandira deux extraits de ce texte qui se trouvent par hasard dans sa valise.

    Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification (§ 5) : « Telle est l’intention de la PRÉSENTE DÉCLARATION COMMUNE. Elle veut montrer que désormais, sur la base de ce dialogue, les Églises luthériennes signataires et l’Église catholique romaine sont en mesure d’énoncer une compréhension commune de notre justification par la grâce de Dieu au moyen de la foi en Christ. Cette déclaration ne contient pas tout ce qui est enseigné dans chacune des Églises à propos de la justification ; elle exprime cependant un consensus sur des vérités fondamentales de la doctrine de la justification et MONTRE QUE DES DÉVELOPPEMENTS QUI DEMEURENT DIFFÉRENTS NE SONT PLUS SUSCEPTIBLES DE PROVOQUER DES CONDAMNATIONS DOCTRINALES. » [2]

    Après cette citation, le protestant vous expliquera (et il aura raison) qu’un tel texte exclut toute condamnation de la doctrine luthérienne de la justification (la foi seule, etc.). Il poursuivra en vous citant le paragraphe 13 :

    Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification (§ 13) : « CE RAPPROCHEMENT PERMET DE FORMULER DANS CETTE DÉCLARATION COMMUNE UN CONSENSUS SUR DES VÉRITÉS FONDAMENTALES DE LA DOCTRINE DE LA JUSTIFICATION À LA LUMIÈRE DUQUEL LES CONDAMNATIONS DOCTRINALES CORRESPONDANTES DU XVI° SIÈCLE NE CONCERNENT PLUS AUJOURD’HUI LE PARTENAIRE. » [3]

    Après avoir cité ça, le protestant explique avec raison que les condamnations prononcées au 16° siècle par le Concile de Trente contre la doctrine luthérienne de la justification ne s’appliquent plus.

  2. Pour renforcer encore sa position, il vous cite deux nouveaux extraits du même texte

    Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification (§ 41) : « Il en découle que les condamnations doctrinales du XVIe siècle, dans la mesure où elles se référent à l’enseignement de la justification, apparaissent dans une lumière nouvelle : L’ENSEIGNEMENT DES ÉGLISES LUTHÉRIENNES PRÉSENTÉ DANS CETTE DÉCLARATION N’EST PLUS CONCERNÉ PAR LES CONDAMNATIONS DU CONCILE DE TRENTE. » [4]

    Le protestant siganle un fait évident : ce qui précède signifie qu’aucun des enseignements luthériens contenus dans la Déclaration commune n’est condamné par le Concile de Trente. Il démontrera ensuite que la justification par la foi seule fait partie des enseignements des églises luthériennes dans la Déclaration commune.

    Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification (§ 26) : « SELON LA COMPRÉHENSION LUTHÉRIENNE, DIEU JUSTIFIE LE PÉCHEUR PAR LA FOI SEULE (sola fide). Dans la foi, la personne humaine place toute sa confiance en son créateur et sauveur et est ainsi en communion avec lui. » [5]

    Il conclut, en toute logique, que selon le propre accord du Vatican avec les luthériens, la doctrine de la justification par la foi seule ne tombe assurément pas sous le coup de la condamnation du Concile de Trente. Donc il vous dit :

    « Vous voyez monsieur : les catholiques qui adhèrent de foi à la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification ne considèrent pas que la foi seule soit une hérésie anathémisée infailliblement par un décret du Concile de Trente, contrairement à ce que vous prétendez qu’un catholique doit croire pour être catholique. »

  3. Enfin, ce rusé protestant sait que vous allez essayer de lui expliquer que Jean-Paul 2 et Benoît 16 n’ont pas signé la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification. Donc il signale que ce texte a été signé sous les auspices de Jean-Paul 2 et approuvé à plusieurs reprises par Benoît 16.

    Jean-Paul 2, 19 janvier 2004, lors d’une rencontre avec les luthériens de Finlande : « … je désire exprimer ma gratitude pour le progrès oecuménique accompli entre les catholiques et les luthériens au cours des cinq années qui ont suivi la signature de la Déclaration commune sur la Doctrine de la Justification. » [6]

    Benoît 16, Discours à la délégation du Conseil méthodiste mondial, 9 décembre 2005 : « J'ai été encouragé par l'initiative qui pourrait conduire les Églises membres du Conseil méthodiste mondial à adhérer à la Déclaration commune sur la Doctrine de la Justification, signée par l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale en 1999. » [7]

    Le protestant conclut son exposé en disant :

    « Benoît 16 ( et, avant lui, Jean-Paul 2 ) est un catholique et adhère à la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification, déclaration qui enseigne explicitement que la doctrine luthérienne de la justification par la foi seule n’est pas anathémisée par le Concile de Trente et que les divergences qui subsistent entre luthériens et catholiques sur la justification ne donnent lieu à aucune condamnation doctrinale. Aussi, lorsque je deviendrai catholique, j’aurai la même position que celle exposée par Benoît 16 et la Déclaration commune. Je croirai que la foi seule justifie et je ne considérerai pas que cela constitue une hérésie anathémisée! Enfin, je n’adhérerai pas aux canons et décrets du Concile de Trente, puisque Jean-Paul 2 et Benoît 16 ont accepté et approuvé la Déclaration commune, qui explique que ces canons ne sont plus en vigueur. »

    Vous savez qu’en tant que catholique, vous avez obligation stricte de lui dire que la croyance en une justification par la foi seule est incompatible avec la religion catholique. Alors, qu’est-ce-que vous allez lui répliquer ?

Si vous croyez que Benoît 16 et Jean-Paul 2 étaient des papes valides, vous répliquez aussitôt en ces termes, la seule chose que vous pouvez songer :

« Jean-Paul 2 et Benoît 16 ont tort. Ils ne sont pas infaillibles en tout ce qu’ils disent ou font. La Déclaration commune n’est pas infaillible. Le Concile de Trente est infaillible. »

Mais votre astucieux interlocuteur, repérant immédiatement la faille de cette réplique aussi médiocre qu’illogique, ne manquera pas de vous rétorquer :

« Monsieur, je n’ai jamais prétendu que la Déclaration jointe fût infaillible. L’infaillibilité n’a rien à voir avec notre discussion. Ce qui est fondamental, c’est que vous reconnaissez en Benoît 16 un catholique avec qui vous êtes en communion et avec qui tout catholique doit être en communion. Vous admettez qu’il n’est pas un hérétique qui se trouve hors de la communion de l’Église catholique pour avoir approuvé la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification. Vous devez donc admettre également que je serai, moi aussi, un catholique en communion avec l’Église (et non pas un hérétique) lorsque j’adopterai la même position. »

Si vous croyez que Benoît 16 est un pape valide, vous n’avez rien à répondre à ce protestant. Le débat est terminé, et vous avez perdu. Car vous ne pouvez pas prétendre, d’un côté que la croyance en une justification par la foi seule et la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification, sont incompatibles avec l’entrée de votre interlocuteur dans l’Église catholique (ce que vous devez faire, néanmoins, en tant que catholique, puisque cette incompatibilité a été infailliblement définie par le Concile de Trente ), tandis que de l’autre, vous professez votre obéissance à Benoît 16 en tant que chef de l’Église catholique, lequel a pourtant accepté le plus publiquement du monde la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification. Votre protestant vous a coincé, et vous êtes contraint d’admettre qu’il peut en effet devenir catholique tout en ajoutant foi à ce qu’enseigne la Déclaration commune. Ça prouve que ceux qui reconnaissent Benoît 16 comme pape ne peuvent même pas exposer la foi catholique à un protestant d’une manière cohérente. IL LEUR FAUT ADMETTRE QU’ON PEUT ÊTRE ‘CATHOLIQUE’ ET CROIRE QUE LA JUSTIFICATION PAR LA FOI SEULE N’EST PAS UNE HÉRÉSIE ANATHÉMISÉE, ET QUE LES CANONS DE TRENTE NE S’APPLIQUENT PAS À LA VUE LUTHÉRIENNE DE LA JUSTIFICATION.

Tant qu’on reconnaîtra Benoît 16 comme pape catholique, on défend une Église qui a répudié le Concile de Trente, une ‘Église’ qui est par définition une Église non-catholique, une Église d’hérétiques.

Pape Innocent 3, Eius exemplo ; 18 décembre 1208 : « Nous croyons de notre coeur et confessons de notre bouche UNE SEULE EGLISE, NON CELLE DES HERETIQUES, mais la sainte Eglise romaine, catholique, apostolique, en dehors de laquelle nous croyons que personne n'est sauvé.» [8]

Le jugement et l’autorité avec lesquels vous avez considéré que ce protestant sans dénomination précise était hérétique et en dehors de l’Église – jugement que vous avez fait en le rencontrant, en découvrant ce qu’il croyait, et la manière dont il répudiait le Concile de Trente – c’est aussi ce même jugement que vous êtes absolument tenu de faire pour Benoît 16. Vous devez voir avec une frappante clarté que vous n’êtes pas coupable de juger le Saint-Siège ou un pape lorsque vous jugez à juste titre que Benoît 16 n’est pas un catholique ; car ce faisant, vous identifiez un non-catholique pour ce qu’il est, de même que vous avez identifié correctement votre protestant sans dénomination précise comme étant un non-catholique, tout comme n’importe quel calviniste, méthodiste ou épiscopalien.

 

Notes :

[1] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1535

[2] La Doctrine de la Justification_Déclaration commune ; Eglise catholique, Fédération luthérienne mondiale ; éditions du Cerf, Bayard-Centurion, Fleurus-Mame, Labor et Fides ; 2000, p.61
Site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html

[3] La Doctrine de la Justification_Déclaration commune ; Eglise catholique, Fédération luthérienne mondiale ; éditions du Cerf, Bayard-Centurion, Fleurus-Mame, Labor et Fides ; 2000, p.65
Site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html

[4] Site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html
La Doctrine de la Justification_Déclaration commune ; Eglise catholique, Fédération luthérienne mondiale ; éditions du Cerf, Bayard-Centurion, Fleurus-Mame, Labor et Fides ; 2000, p.76

[5] La Doctrine de la Justification_Déclaration commune ;Eglise catholique, Fédération luthérienne mondiale ; éditions du Cerf, Bayard-Centurion, Fleurus-Mame, Labor et Fides ; 2000, p.69-70.
Site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html

[6] Site internet de la Secte Vatican 2: http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/2004/january/documents/hf_jp-ii_spe_20040119_delegation-finland_fr.html
Journal du Vatican, version en anglais, L’Osservatore Romano, Jan. 28, 2004, p. 4.

[7] Site internet de la Secte Vatican 2: http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2005/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20051209_methodist-council_fr.html
Journal du Vatican, version en anglais, L’Osservatore Romano, Dec. 21/28, p. 5.

[8] Denzinger : Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum ; Editions du cerf, Paris, 2010 ; référence 792

 

Objection 12 : Comment toute l’Eglise et tous les cardinaux pourraient-ils reconnaître un antipape, comme dans le cas de Jean XXIII (1958-1963) ?

Réfutation : Le pape Paul IV a déclaré que les catholiques ne pouvaient pas accepter un prétendant hérétique, même si tous lui rendaient l’acte d’obédience – indiquant, par une telle déclaration, la possibilité que tous rendent l’acte d’obédience à un tel antipape.

Pape Paul IV, Bulle Cum ex Apostolatus Officio, 15 février 1559 : « [… en vertu de cette Constitution Nôtre, valide à perpétuité, Nous décidons, statuons, décrétons et définissons] que si jamais il advient […] qu'un Souverain Pontife même, avant [sa] promotion ou [son] élévation […] au Souverain Pontificat, [a] dévié de la foi catholique ou [est] tombé […] dans quelque hérésie […] on ne pourra dire qu'elle est devenue valide ou qu'elle devient valide parce que l'intéressé accepte la charge, reçoit la consécration ou ensuite entre en possession ou quasi-possession du gouvernement et de l'administration, ou par l'intronisation du Pontife romain lui-même ou par l'adoration devant lui ou par la prestation d'obéissance à lui rendue par tous ou par quelque laps de temps écoulé pour ces actes… »

Mais il est déjà arrivé que tous les cardinaux reconnaissent un antipape ! Comme on l’a indiqué ci-dessus, lors du grand Schisme d’Occident, quinze des seize cardinaux qui avaient élu le Pape Urbain VI lui retirèrent ensuite leur obédience au motif que l’agitation de la foule romaine avait rendu son élection non canonique. Le seul cardinal qui ne l’a pas répudié était le cardinal Tebaldeschi, mais il mourut peu après, le 7 septembre, laissant une situation dans laquelle aucun des cardinaux de l’Église catholique ne reconnaissait le vrai pape, Urbain VI. Tous les cardinaux vivant alors considéraient son élection comme invalide. [1]

Au douzième siècle, l’antipape Anaclet II – qui régna huit ans à Rome en rivalité avec le vrai Pape, Innocent II – obtint l’appui de la majorité des cardinaux, de l’évêque de Porto, du Doyen du Sacré-Collège et de tout le peuple de Rome. [2]

 

Notes :

[1] Warren H. Carroll, A History of Christendom, Vol. 3 (The Glory of Christendom), pp. 432-434.

[2] The Catholic Encyclopedia, Vol. 1, p. 447.

 

Objection 13 : Jean 22 était un hérétique, qui a même été dénoncé comme hérétique par le
Cardinal Orsini, mais il est quand même resté le pape.

Chris Ferrara, Opposing the Sedevacantist Enterprise, Catholic Family News, August 2005, p. 21 : « Que l’on établisse une comparaison entre l’échec de l’entreprise [sédévacantiste] à trouver une hérésie ‘manifeste’ dans les déclarations des papes conciliaires et l’exemple historique du Pape Jean 22. En 1331, certains théologiens français et le Cardinal Orsini déclarèrent Jean 22 hérétique après que, dans une série de sermons, il eut enseigné qu’une fois purgée leur peine au Purgatoire, les âmes des justes disparus ne verraient pas Dieu avant le Jugement dernier. Le Cardinal Orsini convoqua un concile général pour que ce dernier déclare le Pape hérétique … Mis en cause publiquement ainsi, Jean 22 répondit qu’il n’avait pas eu l’intention d’obliger l’ensemble de l’Église par ses sermons, et il nomma une commission de théologiens chargée d’examiner la question. Cette commission l’informa qu’il était dans l’erreur, et il rétracta son erreur des années plus tard, la veille de sa mort. Pourtant, bien qu’il eût été dénoncé comme hérétique et menacé d’être condamné comme tel par un concile, Jean 22 ne cessa jamais d’être considéré comme Pape par l’Église, et il figure dûment comme tel dans l’histoire de celle-ci. » [1]

Réfutation : Jean 22 n’était pas hérétique, et son règne ne prouve en rien qu’un hérétique puisse être pape.

Tout d’abord, on veut que le lecteur constate une chose fort intéressante : lorsque Ferrara ( l’auteur de cette objection ) parle de Jean 22, notez qu’il exagère l’affaire, puisqu’il n’hésite pas à parler d’hérésie à son propos. Mais lorsqu’il évoque les hérésies évidentes des ‘papes’ de Vatican 2, il les minimise tant et si bien qu’il en vient à nier qu’aucune d’elles ne puisse constituer une hérésie. Par exemple :

Chris Ferrara, Opposing the Sedevacantist Enterprise, Catholic Family News, August 2005, p. 21 : « Mais l’entreprise [sédévacantiste] n’atteint même pas son premier objectif, car ainsi que nous le verrons, et malgré ses efforts infatigables, elle n’a pu identifier la moindre hérésie ‘manifeste’ parmi les nombreuses déclarations ambiguës et actions inquiétantes ( voire scandaleuses ) de Jean-Paul II ou Paul VI. » [2]

OK, donc aucune des hérésies évidentes de Jean-Paul 2 et Paul 6 ( enseigner qu’il y a des saints dans d’autres religions ; prétendre qu’on ne doit pas convertir les non-catholiques ) ne constitue une hérésie aux yeux de Ferrara ; mais en revanche le cas Jean 22 a dépassé le cap de l’hérésie… Quelle absurdité ! N’y a-t’il personne pour déceler la profonde hypocrise et la malhonnêteté crasse ? Quand Ferrara et d’autres non-sédévacantistes pensent trouver avantage à minimiser l’hérésie, ils ‘élèvent la barre’ pour les besoins de leur cause, de sorte que rien n’atteint évidemment le niveau requis pour pouvoir être qualifié d’hérétique. Mais lorsqu’ils jugent utile d’exagérer une hérésie ( comme dans le cas de Jean 22 ) parce qu’ils y voient une arme efficace contre le sédévacantisme, ils la montent en épingle pour la faire apparaître plus grave qu’elle n’était.

En réalité, le pape Jean 22 n’était pas hérétique. Son point de vue selon lequel les âmes des justes disparus n’accéderaient à la vision béatifique qu’après le Jugement dernier n’était pas un sujet ayant été spécifiquement défini comme dogme. Cette définition n’arriva que deux ans après la mort de Jean 22, par le pape Benoît 12 dans Benedictus Deus [3], mais apparament, Ferrara ne semble pas avoir jugé utile de le préciser.

Que le Cardinal Orsini ait dénoncé Jean 22 comme hérétique, ça ne prouve rien, surtout quand on considère le contexte des événements. Pour donner un bref exposé : Jean 22 avait condamné comme hérétique l’enseignement du groupe des ‘Spirituels’, qui prétendait que le Christ et les apôtres ne possédaient rien en propre, ni individuellement, ni collectivement. Jean 22 condamna cette théorie comme étant contraire à la Sainte Écriture et déclara hérétiques tous ceux qui persisteraient à y adhérer [4]. Les ‘Spirituels’ et d’autres groupes analogues – incluant le roi Louis de Bavière – furent ainsi condamnés comme hérétiques.

Lorsqu’ éclata la controverse relative aux déclarations de Jean 22 sur la vision béatifique, les Spirituels et le roi Louis de Bavière en profitèrent pour accuser le pape d’hérésie. Ces ennemis de l’Église étaient soutenus par le Cardinal Orsini, l’homme dont parle Ferrara dans son article.

The Catholic Encyclopedia, John XXII, Vol. 8, 1910, p. 433 : « Les Spirituels, toujours en étroite alliance avec Louis de Bavière, profitèrent de ces événements pour accuser le pape d’hérésie, avec le soutien du Cardinal Napoleone Orsini. En union avec celui-ci, le Roi Louis écrivit aux cardinaux pour les prier instamment de convoquer un concile général en vue de condamner le pape. » [5]

La formule de Ferrara – ‘Le Cardinal Orsini convoqua un concile général pour que ce dernier déclare le Pape hérétique…’ – apparaît ainsi sous un jour différent : le Cardinal Orsini et ses bons amis, des hérétiques excommuniés. En fait, même le ‘pape’ de Ferrara, dans son livre Dogmatic Theology, écrit que les ennemis de l’Église ont exploité le scandale à des fins politiques :

Cardinal’ Josef Ratzinger (Benoît 16), Dogmatic Theology, 1977, p. 137 : « Le scandale [ de Jean 22 ] fut exploité à des fins politiques dans l’accusation d’hérésie portée par les opposants franciscains du pape [ les Spirituels ], au sein du cercle de William of Ockham, à la cour de l’empereur Louis de Bavière. » [6]

Donc, Ferrara se range carrément aux côtés des ennemis de l’Église en exagérant le cas de Jean 22, qui n’était pas hérétique. En plus du fait que la question n’avait pas encore été définie dogmatiquement, Jean 22 avait bien précisé qu’il ne voulait obliger personne à son ( faux ) point de vue et qu’il ne prononçait aucune conclusion définive à ce sujet.

The Catholic Encyclopedia, sur le pape Jean 22 : « En novembre 1333, le Pape Jean écrivit au roi Philippe IV sur cette question, en soulignant que tant que le Saint-Siège ne prendrait aucune décision, les théologiens jouiraient d’une complète liberté en la matière. En décembre 1333, les théologiens de Paris, après en avoir délibéré, se prononcèrent pour la doctrine selon laquelle les âmes des justes disparus voient Dieu aussitôt après leur mort ou leur complète purification ; en outre, ils signalèrent que le pape ne s’était nullement prononcé sur la question, mais s’était borné à formuler son point de vue personnel. Puis, ils prièrent le souverain Pontife de ratifier leur décision. Jean nomma alors, en Avignon, une commission chargée d’étudier les écrits des Pères de l’Église et d’approfondir l’examen de ce point disputé. Lors d’un consistoire organisé le 3 janvier 1334, le pape déclara explicitement qu’il n’avait jamais rien voulu enseigner de contraire à la Sainte Écriture ou à la règle de la foi, et qu’il n’avait d’ailleurs pas eu l’intention non plus de prendre quelque décision que ce soit. Avant sa mort, il renia son point de vue précédent et déclara croire que les âmes séparées de leur corps jouissent au ciel de la vision béatifique. » [7]

Tout ça sert à montrer que le pape Jean 22 n’était pas un hérétique. Il tenait une opinion personnelle totalement fausse, qu’il a lui-même explicitement qualifiée de simple opinion. En fait, en dépit de cette importante erreur, il a vigoureusement agi contre l’hérésie. Sa condamnation des Spirituels et du Roi Louis de Bavière est là pour prouver qu’il condamnait l’hérésie. C’est carrément ridicule de le comparer aux antipapes de Vatican 2, qui ne croient même pas en l’existence de l’hérésie. Comme on l’a établi ci-dessus, Benoît 16 ne croit pas que le protestantisme soit une hérésie ! La blague satanique quand quelqu’un affirme obstinément ( face à ces preuves ) que cet homme soit catholique. Le fait est que quel que soit le sujet abordé ( le dogme de la papauté, les actes de Luther, etc. ), les non-sédévacantistes sont réfutés. Par exemple, puisqu’on est dans le sujet de Jean 22 et du Jugement général, il faut se rappeler que Benoît 16 nie ce qui est peut-être le dogme catholique le plus fondamental concernant le Jugement dernier, à savoir la Résurrection des corps, comme on l’a démontré dans le chapitre traitant de ses hérésies.

Cardinal’ Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd’hui ; 2005, p. 349 : « Il est donc clair que l’essence de la foi en la résurrection ne consiste pas dans l’idée d’une restitution des corps, telle que nous l’imaginons habituellement ; cela est vrai, bien que cette image visuelle soit omniprésente dans la Bible. » [8]

Benoît 16, La foi chrétienne hier et aujourd’hui ; 2005, p. 259 : « Paul, répétons-le encore une fois, n’enseigne pas la résurrection des corps, mais celle des personnes…. » [9]

Donc, quand les non-sédévacantistes soulèvent la question de Jean 22 et du Jugement dernier, ils ne font que nous rappeler un autre dogme nié par Benoît 16 : une autre preuve qu’il n’est pas le pape.

 

Notes :

[1] Chris Ferrara, “Opposing the Sedevacantist Enterprise,” Catholic Family News, August 2005, p. 21.

[2] Chris Ferrara, “Opposing the Sedevacantist Enterprise,” Catholic Family News, August 2005, p. 21

[3] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1000

[4] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, références 930 et 931.

[5] The Catholic Encyclopedia, “John XXII,” Vol. 8, 1910, p. 433.

[6] Benoît 16, Dogmatic Theology, The Catholic University of America Press, 1977, p. 137.

[7] The Catholic Encyclopedia, Vol. 8, p. 433.

[8] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, éditions du Cerf ; 2005, p.349.

[9] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, éditions du Cerf ; 2005, p.259.

 

Objection 14 : Le Pape Honorius a été condamné pour hérésie par un concile général après sa mort. Pourtant, l’Église ne considère pas qu’il ait cessé d’être pape, bien qu’on l’ait accusé d’hérésie pendant son règne.

Réfutation : Comme on l’a déjà vu, c’est un fait dogmatique qu’un hérétique ne peut pas être pape, car c’est un dogme infailliblement défini qu’un hérétique n’est pas un membre de l’Église catholique.

Pape Eugène 4, Concile de Florence, Cantate Domino ; 1441, ex-cathedra: « Elle [ la Sainte Eglise romaine ] croit fermement, professe et prêche qu' ‘aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l'Eglise catholique’, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques … » [1]

Le cas du pape Honorius ne prouve pas qu’un hérétique puisse être pape. Comme Honorius était un pape légitimement élu ( ce qui explique que son nom figure sur la liste des vrais papes ), s’il est devenu véritablement hérétique pendant son règne, alors il a bel et bien perdu la charge apostolique, car comme le reconnaissent même les non-sédévacantistes qui prennent cet argument, ‘un hérétique n’est pas catholique, et un non-catholique ne peut pas être pape’.

Aussi, une certaine confusion demeure dans l’esprit des gens ( y compris chez les successeurs d’Honorius ) quant à la question de savoir :

  • si Honorius avait été hérétique

  • s’il s’était seulement rendu coupable de n’avoir pas enrayé l’hérésie

  • ou s’il avait été entièrement incompris, comme le souligne The Catholic Encyclopedia de 1907.

Même ceux qui ont étudié la question de la manière la plus approfondie, continuent à douter qu’Honorius ait été condamné comme véritable hérétique par le Concile de Constantinople 3. Leur argument repose sur le fait que le pape St Agathon - qui était vivant lors du concile - est mort avant que ce concile ne se termine ; mais, étant donné que les décrets d’un concile n’ont d’autorité que lorsqu’un pape les a confirmé, ils soutiennent que le pape St Léon 2 – le pontife qui a effectivement entériné le concile – s’est contenté de confirmer la condamnation d’Honorius en ce sens qu’il n’avait pas enrayé l’hérésie, rendant donc possible une pollution de la foi. Cette confusion explique certainement pourquoi St François de Sales s’est exprimé sur Honorius comme il l’a fait ( vous le verrez plus loin ).

Pour encore plus exposer la distinction à faire entre le cas du pape Honorius et celui des antipapes de Vatican 2, il faut signaler que les deux lettres d’Honorius ( écrites en 634 ) où il s’exprime (soi-disant) en faveur de l’hérésie monothélite, étaient adressées à Sergius, Patriarche de Constantinople. Eh bien, non seulement leur existence passa presque entièrement inaperçue à l’époque, mais elles furent également défendues par un pape ayant régné juste après Honorius.

Par exemple, le pape Jean 4 ( 640-643 ), deuxième pape à avoir régné après Honorius, avait défendu celui-ci contre l’accusation d’hérésie. Il était persuadé qu’Honorius n’avait pas enseigné l’hérésie monothélite ( théorie disant que le Christ possédait une seule volonté ), mais qu’il avait seulement souligné que Notre-Seigneur n’était pas animé de deux volontés contraires.

Pape Jean 4, ‘Dominus qui dixit’, lettre adressée à l’Empereur Constant 2 au sujet du pape Honorius ; année 641 : « … Mon prédécesseur susdit [ Honorius ] disait donc, dans son enseignement sur le mystère de l’Incarnation du Christ, qu’il n’a pas existé en lui, comme en nous pécheurs, deux volontés contraires, de l’esprit et de la chair. Ce que certains ont retourné en leur propre conception, et ils ont pensé qu’il aurait enseigné une seule volonté de sa divinité et de son humanité, ce qui est totalement contraire à la vérité. » [3]

Avec ces faits en tête, voilà ce qu’on peut voir :

  1. le cas du pape Honorius ne prouve pas qu’un hérétique puisse être pape, car c’est un fait dogmatique qu’un hérétique ne peut pas être pape, car c’est un dogme infailliblement défini qu’un hérétique n’est pas un membre de l’Église catholique (s’il est devenu véritablement hérétique pendant son règne, alors il a bel et bien perdu la charge apostolique durant les 3,5 ans achevant son pontificat de 13 ans);

  2. entre le cas du pape Honorius et celui des antipapes de Vatican 2, les faits sont radicalement différents. Comparer les deux lettres du pape Honorius aux déclarations des hérétiques manifestes Paul 6, Jean-Paul 2 et Benoît 16, revient donc à comparer un grain de sable à une plage.

Mais s’il vous faut une autre confirmation du fait qu’un hérétique cesse par ce fait même d’être pape et que le cas du Pape Honorius n’apporte aucune preuve du contraire, prenez pas nos mots pour preuves….prenez-en d’autres :

St François de Sales, Docteur de l’Église, The Catholic Controversy ; 17e siècle, p. 305 et 306 : « … ainsi nous ne disons pas que le Pape ne puisse pas errer en ses opinions particulières, comme fit Jean XXII [ 22 ], ou ne pas être du tout hérétique, comme peut-être fut Honorius. Or, lorsqu’il [ le Pape ] est explicitement hérétique, il se retrouve ipso facto [ par ce fait même ] déchu de sa dignité et hors de l’Église… » [4]

Dans le paragraphe même où il mentionne le pape Honorius, St François de Sales ( docteur de l’Eglise ) déclare sans équivoque qu’un pape qui deviendrait hérétique cesserait d’être pape. Il n’avait pas la certitude que le pape Honorius avait été hérétique ou qu’il s’était seulement rendu coupable de ne rien faire contre l’hérésie ; mais quoi qu’il en soit, il savait que le cas d’Honorius ne diminuait en rien la vérité : un hérétique ne peut être pape.

St Robert Bellarmin et St Alphonse de Liguori connaissaient bien, eux aussi, le cas du pape Honorius, et ils n’ont pas hésité à déclarer ce qui suit à son sujet.

St Robert Bellarmin, Docteur de l’Église ; 1610 : « Un pape manifestement hérétique cesse automatiquement ( per se [ de lui-même ] ) d'être le pape et la tête, de la même façon qu'il cesse automatiquement d'être un chrétien et un membre de l'Église. De ce fait, il peut être jugé et puni par l’Église. C'est l’enseignement de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction. »

St Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église ; 1787 : « Si jamais le Pape, comme personne privée, tombait dans l'hérésie, il serait à l'instant déchu du Pontificat. » [5]

En considérant ces faits, on se rend compte que l’argument tiré du cas d’Honorius n’appuie en rien la cause non-sédévacantiste. Bien au contraire, il nous remet en mémoire les écrits de deux docteurs de l’Église qui, tout en rappelant cette affaire, ont déclaré qu’un hérétique ne pouvait pas être pape.

 

Notes :

[1] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 1183.
Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1351

[2] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; pages 281 et 283.

[3] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 498.

[4] St Francis de Sales, The Catholic Controversy, Tan Books, 1989, p. 305-306.

[5] Oeuvres Complètes, 9:232.

 

Objection 15 : Si l’Église Vatican 2 n’est pas la véritable Église catholique, ça signifie que l’Église et sa hiérarchie ne sont plus visibles. Mais l’Église et sa hiérarchie seront toujours visibles

Réfutation :

  1. ces gens ne comprennent pas en quoi consiste la visibilité de l’Église,

  2. la Secte Vatican 2 ne peut pas être l’Église visible du Christ,

  3. la Secte Vatican 2 nie précisément cette doctrine de la visibilité de l’Église.

Personne ne nie que l’Église catholique pourrait cesser d’exister dans tous les pays du monde à l’exception d’un seul. La visibilité de l’Église n’exige pas que les fidèles ou la hiérarchie soient vus en chaque endroit du globe. Ça n’a jamais été le cas. La visibilité de l’Église signifie simplement la présence de vrais fidèles catholiques professant externellement l’unique vraie religion, même s’ils sont réduits à un très petit nombre. Ces fidèles qui professent extérieurement la seule vraie religion demeureront à jamais l’Église visible du Christ, même si leurs rangs sont réduits au point de n’être plus qu’une poignée.

Et c’est justement ça qui a été prophétisé pour la fin des temps.

St Athanase : « Même si les catholiques fidèles à la tradition sont réduits à une poignée, ce sont eux qui sont la véritable Église de Jésus-Christ. » [1]

Notre-Seigneur Lui-même a dit que la taille de l’Église se réduirait terriblement dans les derniers temps du monde.

Luc 18:8 - « Mais quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ? »

L’Apocalypse de St Jean semble indiquer la même chose :

Apocalypse 11:1-2 - « Et un roseau long comme une perche me fut donné, et il me fut dit : Lève-toi et mesure le temple de Dieu, et l’autel, et ceux qui y adorent. Mais le parvis qui est hors du temple, laisse-le, et ne le mesure pas, parce qu’il a été abandonné aux gentils [ païens ]…. »

La Haydock version of the Douay-Rheims Bible, compilation populaire de commentaires catholiques sur les Écritures rédigés par le Rév. Père Geo. Leo Haydock, contient le commentaire suivant sur ce passage de l’Apocalpyse :

Commentaire catholique sur Apoc. 11:1-2, Haydock version of the Douay-Rheims Bible : « Les églises consacrées au vrai Dieu ont vu leur nombre se réduire à un point tel que saint Jean les représente par une seule église, dont les ministres officient sur un seul autel et dont tous les vrais fidèles sont si peu nombreux – par rapport à la masse de l’humanité – que l’évangéliste les voit assemblés en un seul temple pour adorer le Très-Haut. – Pastorini. » [2]

Le Magistère de l’Eglise Catholique n’a jamais enseigné qu’il fallait toujours avoir un certain nombre d’évêques ou de fidèles pour assurer l’existence de l’Église. Tant qu’il y a au minimum un prêtre ou un évêque et au moins quelques fidèles, l’Église et sa hiérarchie sont vivantes et visibles. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup plus qu’une poignée de fidèles pour maintenir la Foi catholique inchangée. C’est pourquoi l’argument de nos contradicteurs fondé sur la visibilité n’a aucune valeur et va même à l’encontre des prophéties de la Sainte Écriture.

En plus, durant la crise arienne, la vraie Foi était éliminée dans des régions entières, à tel point qu’on ne trouvait plus nulle part des évêques catholiques.

Père William Jurgens : « À un certain point de l’histoire de l’Église, en l’an 308, soit quelques années seulement avant le prêche en question de Grégoire [ de Naziance ], parmi les évêques en possession d’un siège épiscopal, la proportion de prélats catholiques était peut-être comprise entre 1% et 3%, tous les autres étant ariens. Si la doctrine avait été fonction de la popularité, nous serions tous aujourd’hui des négateurs du Christ et des opposants à l’Esprit Saint. » [3]

Père William Jurgens : « À l’époque de l’Empereur Valens ( au IVe siècle ), Basile était pratiquement le seul évêque orthodoxe de tout l’Orient qui eut réussi à conserver son siège épiscopal […] À défaut d’avoir un autre intérêt pour l’homme moderne, la connaissance de l’histoire de l’arianisme devrait du moins présenter celui de démontrer que l’Église catholique ne tient aucun compte de la popularité et du nombre dans l’élaboration et le maintien de sa doctrine, faute de quoi il y a longtemps que nous aurions dû abandonner Basile, Hilaire, Athanase, Libère et Ossius et prendre le nom d’ariens.» [4]

Au 4° siècle, l’hérésie arienne est devenue si répandue que les ariens ( qui niaient la divinité du Christ ) en étaient arrivés à occuper la quasi-totalité des églises catholiques et semblaient constituer presque partout la hiérarchie légitime.

St Ambroise ; vers 382 : « Il n’y a pas assez d’heures dans la journée pour que j’aie le temps de réciter ne serait-ce que les noms de toutes les sectes d’hérétiques. » [5]

Les choses allaient si mal que St Grégoire de Naziance s’était senti obligé de dire ce que le petit reste des catholiques pourrait tout autant dire aujourd’hui.

St Grégoire de Naziance, Contre les ariens ; vers 380 : « Où sont ceux qui nous reprochent notre pauvreté ; qui prétendent que la multitude du peuple fait l'Eglise; qui méprisent le petit troupeau? » [6]

Cette période de l’histoire de l’Église offre donc un point de comparaison important pour notre époque : si la mission indéfectible de l’Église consistant à enseigner, gouverner et sanctifier exigeait vraiment qu’il y ait dans chaque diocèse un évêque exerçant des fonctions gouvernantes ( c’est-à-dire juridictionnelles ) pour que l’Église du Christ y soit présente, ça signifierait que celle-ci a fait défaut dans tous les diocèses où il n’y avait pas d’évêque catholique exerçant ces fonctions pendant que sévissait l’hérésie arienne. Pourtant c’ est un fait qu’au 4° siècle, là où les fidèles conservaient la vraie foi catholique, et même dans les diocèses dont l’évêque était passé à l’arianisme, c’était le petit reste des catholiques fidèles qui constituait la véritable Église du Christ. Dans ce petit reste, l’Église catholique a subsisté et perduré dans sa mission d’enseigner, de gouverner et de sanctifier en l’absence d’un évêque exerçant des fonctions gouvernantes, ce qui prouve que l’indéfectibilité de l’Église du Christ et sa mission d’enseigner, de gouverner et de sanctifier ne passe pas par la présence d’un évêque exerçant des fonctions juridictionnelles.

Il faut aussi noter que la hiérarchie peut se définir en deux variantes : la hiérarchie juridictionnelle et la hiérarchie ecclésiastique. [7]

Pape Pie 12, Ad Sinarum gentum ; 7 octobre 1954 : « En outre – comme il a été divinement établi aussi –, le pouvoir des ordres ( en vertu duquel la hiérachie ecclésiastique est composée d’évêques, de prêtres et de ministres ) procède de la réception du Sacrement des Saints Ordres. » [8]

Seuls ceux ayant une juridiction ordinaire ( c’est-à-dire une juridiction attachée à des fonctions ) forment la hiérarchie juridictionnelle. De leur côté, tous les prêtres catholiques validement ordonnés forment la hiérarchie ecclésiastique. C’est possible qu’une hiérarchie existe tant que perdure la hiérarchie ecclésiastique.

Les non-sédévacantistes qui font cette objection ne peuvent pas citer un seul évêque catholique validement consacré qui possède une juridiction ordinaire. En fait, qui est-ce qu’ils désigneraient ? Un ‘évêque’ Bruskewitz, qui – pendant la Semaine Sainte – a organisé un repas ‘Seder’ interreligieux de ‘Pessah( Pâque juive ) avec des rabbins, et dans sa propre cathédrale… ? [9] Vont-ils désigner le ‘cardinal’ Mahoney ? Ou le ‘cardinalKeeler… ? [9]

S’il est vrai qu’il doit se trouver quelque part un évêque doté d’une juridiction ordinaire ( ce qui n’a pas été prouvé ), alors c’est qu’ il est bien quelque part. Mais ça ne change rien au fait que Benoît 16 et ses évêques apostats ne sont pas catholiques et ne font donc pas partie de la hiérarchie. Contre un fait, il n’ y a pas d’ argument possible ; contre ce fait précis, il n’y a donc aucun argument.

Aussi, voici une citation intéressante relative à la crise de l’investiture laïque ( 1075-1122 ). Au cours de cette crise, le maléfique roi d’ Allemagne, Henry 4, institua un antipape ( qui avait le soutien de nombreux évêques allemands ). Il nomma aussi ses propres évêques, soumis également à l’antipape. Le résultat = présence de deux évêques dans la plupart des diocèses, et gitantesque confusion.

The Catholic Encyclopedia, Vol. 8, 1910, « Investitures », p. 86 : « Dès lors, il y eu partout une grande confusion …De nombreux diocèses avaient deux occupants. Les membres de chaque parti traitaient ceux d’en face de parjures et de traîtres… » [16]

La conclusion, la voilà : bien qu’on ait affaire aujourd’hui à une apostasie sans précédent, l’Église a déjà connu des temps de confusion, y compris des périodes où la véritable hiérarchie n’était pas facile à discerner.

 

Notes :

[1] Coll. Selecta SS. Eccl. Patrum, Caillu and Guillou, Vol. 32, p. 411-412.

[2] The Douay-Rheims New Testament with a Catholic Commentary, de Rev. Leo Haydock, Monrovia, CA: Catholic Treasures, 1991, p. 1640.

[3] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN: The Liturgical Press, 1970, Vol. 2, p. 39.

[4] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN: The Liturgical Press, 1970, Vol. 2, p. 3.

[5] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN: The Liturgical Press, 1970, Vol. 2, p. 158.

[6] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN: The Liturgical Press, 1970, Vol. 2, p. 33.
Aussi sur inernet : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?p.5:80./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/

[7] Donald Attwater, A Catholic Dictionary, “Hierarchy,” Tan Books, p. 229.

[8] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh: The Pierian Press, 1990,Vol. 4 (1939-1958), p. 267.

[9] Catholic Family News, Niagra Falls, NY, January, 1999.

[10] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets, Tome II-2, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 1845.

[11] Jean-Paul II, Lettre encyclique Ut Unum Sint ; 1995, Pierre Téqui éditeur, Paris, p.10.
Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25051995_ut-unum-sint_fr.html

[12] Lettre encyclique Satis Cognitum du pape Léon XIII, Editions Saint-Rémi ; 2005, Cadillac, p.6.

[13] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh: The Pierian Press, 1990,Vol. 3 (1903-1939), p. 317.
Lettre encyclique Mortalium animos du pape Pie XI, Editions Expéditions pamphiliennes, Strasbourg, p.5.

[14] Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, pape Pie XII, éditions Bonne Presse, 29 juin 1943 ; page 10.

[15] Lettre encyclique Satis Cognitum du pape Léon XIII, Editions Saint-Rémi ; 2005, Cadillac, p.6.

[16] The Catholic Encyclopedia, Vol. 8, Robert Appleton Company, 1910, “Investitures,” p. 86.

 

Objection 16 : Les papes Vatican 2 n’ont pas enseigné d’hérésie manifeste, parce que leurs déclarations sont ambiguës et demandent à être commentées.

Chris Ferrara, Catholic Family News, ‘Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II’, octobre 2005, p. 8 : « Or, ce qui est manifeste – c’est-à-dire patent, évident, indéniable et non mis en doute – ne requiert aucune explication. La caractéristique de n’avoir pas besoin d’être expliqué est cela même qui rend une chose manifeste. Aussi, avant que l’Entreprise [ sédévacantiste ] puisse atteindre ne serait-ce que son premier objectif, elle a obligation de nous citer non seulement des déclarations faites au vu et au su de tous, mais aussi des propos dont la prétendue hérésie n’a pas besoin d’être démontrée. Les paroles papales elles-mêmes – et non leurs interprétations sédévacantistes – doivent révéler une hérésie quelconque….Si un pape devait proclamer à l’adresse de l’Église tout entière, dans un document ou une déclaration publique, “Il n’existe pas de Sainte Trinité. Il n’y a que le Dieu Créateur, tout comme le croient les musulman !”, son hérésie serait manifeste au sens exact et entier du terme. » [1]

Réfutation : Comme d’habitude, celui qui fait cette objection - Chris Ferrara - a faux sur toute la ligne. D’abord, comme on l’a déjà vu, les antipapes post-conciliaires ont manifesté des hérésies ne demandant aucune explication, aucun commentaire. Et l’autorité papale nous enseigne que certaines hérésies ont besoin d’être étudiées, analysées et expliquées en profondeur pour pouvoir être dévoilées et condamnées.

Avant de traiter ces deux points, considérez l’exemple d’hérésie que donne Ferrara : ‘Il n’existe pas de Sainte Trinité’ . Selon lui c’est un cas indéniable d’hérésie. Il a raison de dire qu’une telle déclaration est hérétique, mais il faut noter que même dans ce cas, on n’a pas affaire à la négation mot pour mot d’une définition dogmatique. Pour autant qu’on le sache, il n’existe pas de définition dogmatique de la Sainte Trinité qui dise ‘Il existe une Sainte Trinité’. Il existe des définitions telles que celle-ci :

Pape Grégoire 10, Concile de Lyon 2 ; 1274, ex cathedra : « Nous croyons la Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, un seul Dieu tout-puissant… » [2]

Bien entendu, tout catholique reconnaît immédiatement que la déclaration ‘Il n’existe pas de Sainte Trinité’ équivaut à la négation directe de cette définition dogmatique, bien qu’elle ne la nie pas textuellement ( mot pour mot ). C’est pourquoi, lorsqu’il donne son unique exemple d’hérésie - qu’il a sans doute concocté parce qu’il se sent confiant que les sédévacantistes ne peuvent pas accuser Benoît 16 de s’être rendu coupable d’une hérésie équivalente comme l’exemple de la Sainte Trinité - Ferrara prouve notre point : toute déclaration équivalant à la négation directe d’un dogme, même si elle ne constitue pas la négation mot pour mot d’une définition dogmatique, reste quand même un exemple d’hérésie manifeste.

Donc, de même que tout catholique reconnaît immédiatement que la déclaration ‘Il n’existe pas de Sainte Trinité’ est une hérésie manifeste, quand bien même aucun dogme ne déclare exactement le contraire mot pour mot, il reconnaîtra immédiatement que la déclaration de Benoît 16 disant que le protestantisme n’est pas une hérésie constitue à l’évidence une négation directe des dogmes qui condamnent comme hérésies les enseignements protestants. Merci, Monsieur Ferrara, d’avoir confirmé encore une fois notre point.

Ce qui va suivre, sont plus de 10 citations de Benoît 16 ( et une seule de Jean-Paul 2 ). On ne les commentera pas car tout lecteur honnête et sincère pourra se passer d’analyses pour voir qu’elles valent le rejet direct de dogmes catholiques.

Cardinal’ Ratzinger, Frères dans le Christ, p. 108-109 : « La réponse est difficile parce qu’elle engage le fond des choses. La difficulté tient en définitive au fait qu’il n’existe pas encore, dans la pensée catholique, une catégorie adaptée au phénomène du ‘protestantisme’ contemporain ( on pourrait en dire autant en ce qui concerne les rapports avec les Eglises séparées d’Orient ). Il est patent que la vieille catégorie de l’hérétique ne s’applique plus dans le cas ... Au cours d’une histoire d’ores et déjà séculaire, le Protestantisme est devenu une composante sérieuse de la foi chrétienne réalisée ; il a pu remplir une fonction positive dans l’expansion du message chrétien….Conséquence qu’on ne peut éluder : le protestantisme contemporain est autre chose qu’une ‘hérésie’ au sens traditionnel, c’est un phénomène dont l’exacte position théologique reste encore à découvrir.» [3]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Theological Highlights of Vatican II, p. 61-68 : « … Entre temps, l’Eglise catholique n’est pas en droit d’absorber d’autres églises. L’Église ne leur a pas encore préparé la place spécifique à laquelle elles ont pourtant légitimement droit … Une unité basique d’ églises, restant les églises qu’elles sont, bien que ne devenant qu’une seule église – doit remplacer l’idée de conversion, bien que la conversion garde sa signification pour ceux qui, en conscience, se sentent motivés à la rechercher. » [4]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Voici quel est Notre Dieu, p. 147-148 : « La Lecture de l’Ancien Testament peut aussi éloigner du Christ : la direction vers lui n’est pas indiquée de manière univoque. Et si les juifs ne peuvent pas estimer qu’il s’accomplit en lui, il ne s’agit pas simplement d’une mauvaise volonté. C’est à cause de l’obscurité des paroles et du rapport tendu entre la figure de Jésus et ces paroles. Jésus leur donne une signification nouvelle et pourtant ce n’est que par lui qu’elles forment un ensemble qui indique une direction et prend une signification. On peut donc, pour de bonnes raisons, refuser au Christ l’Ancien Testament et dire : non, ce n’est pas ce qu’il disait. Mais on peut, pour d’aussi bonnes raisons, le lui attribuer. C’est tout le débat entre les juifs et les chrétiens. » [6]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, p. 421 : « …Il y a une fixation sur la lettre, qui déclare invalide la liturgie de l’Eglise et se met par le fait même en-dehors de l’Eglise. On oublie que la validité de la liturgie dépend d’abord non pas de mots déterminés mais de la communauté de l’Eglise…» [7]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, p. 226 : « Elle sera telle que le catholique ne mise pas sur la dissolution des confessions et sur la décomposition de la réalité ecclésiale qui se trouvent dans le monde protestant mais, tout à l’inverse, qu’il espère un renforcement de la confession et de la réalité ecclésiale. » [8]

Sans commentaires…

Jean-Paul 2, Ut Unum Sint, # 84 ; 25 mai 1995 : « … [ parlant des ‘Églises’ non-catholiques ] Ces saints proviennent de toutes les Eglises et Communautés ecclésiales QUI LEUR ONT OUVERT L'ENTREE DANS LA COMMUNION DU SALUT. » [9]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, p. 426-427 : « Si l’on cherche un diagnostic global du texte [ le texte de Vatican 2 - Gaudium et Spes ], on pourrait dire qu’il est ( en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde ) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus….C’est pourquoi, d’abord en Europe centrale, l’attachement unilatéral, conditionné par la situation, aux positions prises par l’Eglise à l’initiative de Pie IX et de Pie X contre la nouvelle période de l’histoire ouverte par la révolution française, avait été dans une large mesure corrigée via facti ; mais une détermination fondamentale nouvelle des rapports avec le monde tel qu’il se présentait depuis 1789 manquait encore. » [10]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Co-Workers of the Truth, p. 217 : « La question qui nous fait vraiment souci, la question qui nous oppresse tout autant, c’est pourquoi il est nécessaire, pour nous en particulier, que nous pratiquions la foi chrétienne dans sa totalité ; pourquoi ? Alors qu’il existe tant de chemins qui mènent au Ciel et au Salut, il nous est requis de porter jour après jour tout le poids des dogmes écclésiaux et de l’ethos ecclesial. Et nous nous posons alors la question suivante : qu’est-ce au juste que la réalité chrétienne ? Quel est, dans le christianisme, l’élément spécifique qui non seulement le justifie, mais le rend absolument nécessaire pour nous ? Quand nous soulevons la question concernant le fondement et le sens même de notre existence chrétienne, une certaine fausse envie s’immisce ; celle de vivre la vie apparamment plus conforatble d’autres gens qui vont eux-aussi au Paradis. Nous ressemblons trop aux ouvriers de la première heure évoqués dans la parabole des travailleurs de la vigne (Mt. 20 :1-16). En découvrant qu’ils auraient pu gagner beaucoup plus facilement leur journée de salaire d’un denier, ils ne peuvent comprendre pourquoi ils ont dû travailler tout le jour. Mais quelle étrange attitude que de trouver des devoirs de notre vie chrétienne non récompensés – juste parce que le denier du Salut peut être obtenu sans eux! Il semblerait qu’à l’instar des ouvriers de la première heure, nous voulons être rémunérés non seulement par notre propre salut, mais plus particulièrement par le non-salut des autres. C’est à la fois très humain et profondément étranger au christianisme. » [11]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, Co-Workers of the Truth, p. 29 : « Pour emprunter la puissante formule de Congar, il serait à la fois stupide et pervers d’identifier l’efficacité du Saint-Esprit au travail de l’appareil ecclésiastique. Cela signifie que même dans la croyance catholique, l’unité de l’Eglise est toujours dans le processus de formation ; qui ne sera achevé en totalité que par l’eschaton [ la fin du monde ], de même que la grâce ne sera accomplie que lorsque ses effets seront visibles, bien que la communauté de Dieu ait déjà commencé à être visible.» [12]

Sans commentaires…

Cardinal’ Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, p. 349 : « Il est donc clair que l’essence de la foi en la résurrection ne consiste pas dans l’idée d’une restitution des corps, telle que nous l’imaginons habituellement ; cela est vrai, bien que cette image visuelle soit omniprésente dans la Bible. » [13]

Sans commentaires…

Le peuple juif et ses saintes écritures dans la Bible chrétienne, préfacé par Joseph Ratzinger, Partie 2 A,, p. 53-55 : « L’attente juive messianique n’est pas vaine …lire la Bible comme le judaïsme la lit implique nécessairement l’acceptation de tous les présupposés….qui excluent la foi en Jésus comme Messie et Fils de Dieu. Les chrétiens peuvent et doivent admettre que la lecture juive de la Bible est une lecture possible… » [14]

On pourrait trouver encore beaucoup d’autres passages de ce genre… mais ceux qu’on vient de citer offrent plus de dix exemples d’hérésies manifestes équivalant à une négation directe des dogmes catholique – sans qu’il soit donc nécessaire de faire des commentaires….

Chris Ferrara contre le pape Pie 6 sur l’ambiguïté dans l’hérésie: Pie 6 donne le coup de grâce

En plus du fait qu’il y a des hérésies manifestes chez les antipapes de Vatican 2 se passant de tout commentaire – comme on vient de le voir - CE QUI PULVERISE L’ARGUMENT DE FERRARA, c’est que le pape Pie 6 enseigne exactement le contraire de lui sur l’hérésie et l’ambiguïté. Pie 6 déclare en effet que les hérétiques – entre autres, les nestoriens – ont toujours camouflé leurs hérésies et leurs erreurs doctrinales sous la contradiction et l’ambiguïté!

Pape Pie 6, condamnant le synode de Pistoia, Bulle Auctorem fidei ; 28 août 1794 : « [ Les anciens Docteurs ] connaissaient les capacités des novateurs dans l’art de la tromperie. Pour ne pas heurter les oreilles des catholiques, ils [ les novateurs ] cherchaient à masquer les subtilités de leurs tortueuses manœuvres en employant des mots apparemment anodins qui leur permettaient d’insinuer l’erreur dans les âmes avec la plus grande douceur. Une fois la vérité ainsi compromise, ils pouvaient – au moyen de légers changements ou ajouts terminologiques – déformer la confession de la foi qui est nécessaire à notre salut et, au moyen de subtiles erreurs, conduire les fidèles vers leur damnation éternelle. C’est là une manière particulièrement vicieuse de dissimuler et de mentir, quelles que soient les circonstances dans lesquelles on en use. Pour de fort bonnes raisons, elle ne pourra jamais être tolérée de la part d’un synode, dont la gloire principale consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à prévenir tout danger d’erreur.

En outre, si tout cela est peccamineux, on ne saurait l’excuser – comme cela se fait – sous le fallacieux prétexte que des affirmations apparemment choquantes en un endroit sont développées ailleurs suivant une ligne orthodoxe, voire corrigées en d’autres endroits encore ; comme s’il était loisible de formuler ou de nier ces affirmations, ou encore de laisser un tel choix aux inclinations personnelles de chaque individu, méthode frauduleuse et impudente toujours appliquée par les novateurs pour imposer l’erreur. Car cela permet tout à la fois de promouvoir et d’excuser l’erreur.

Tout se passe comme si les novateurs prétendaient avoir toujours l’intention de se borner à exposer leurs nouvelles formules, en particulier aux fidèles qui ont une foi simple et qui n’en viennent à connaître qu’une partie des conclusions de telles discussions, publiée en langue ordinaire à l’usage de tout un chacun. Ou encore comme si ces mêmes fidèles avaient la capacité d’examiner les documents en question pour former seuls leur propre jugement en évitant tout risque de confusion et d’erreur. C’est là un moyen hautement répréhensible d’insinuer des erreurs doctrinales, que notre prédécesseur saint Célestin a perçu il y a longtemps dans les écrits de Nestorius, évêque de Constantinople, avant de le dévoiler pour le condamner avec la dernière sévérité.

Une fois ces textes examinés avec soin, l’imposteur fut démasqué et confondu, parce qu’il s’exprimait en une pléthore de mots, alternant des choses vraies avec des choses obscures, mêlant parfois les unes aux autres de telle sorte qu’il lui était possible de confesser les choses mêmes qu’il niait, tout en se donnant les moyens de nier les choses mêmes qu’il confessait.

Afin de déjouer ces pièges, ce dont la nécessité se fait assez fréquemment sentir au cours de chaque siècle, aucune autre méthode n’est requise que la suivante : CHAQUE FOIS QU’IL DEVIENT NÉCESSAIRE DE METTRE AU GRAND JOUR DES DÉCLARATIONS QUI MASQUENT UN SOUPÇON D’ERREUR OU DE DANGER SOUS LE VOILE DE L’AMBIGUÏTÉ, ON DOIT DÉNONCER LE SENS PERVERS SERVANT À CAMOUFLER L’ERREUR OPPOSÉE À LA VÉRITÉ CATHOLIQUE. » [15]

Le pape Pie 6 nous enseigne donc que si quelqu’un tente de masquer une hérésie sous le voile de l’ambiguïté, tout catholique doit s’en tenir au sens hérétique des propos incriminés et le dénoncer sous le camouflage en question ! Juste ce fait suffit à démolir toute la série d’articles et d’objections que Chris Ferrara a écrite contre le sédévacantisme.

[ Note importante : on ne dit pas que des documents ou des déclarations simplement ambigus mais qui n’enseignent aucune contradiction doctrinale évidente par rapport à la Foi catholique, sont hérétiques. Non, ce qu’on soutient avec le pape Pie 6, c’est qu’un document contenant des déclarations ou des affirmations hérétiques allant clairement contre un dogme catholique ( des ‘affirmations choquantes’ selon Pie 6 ), mais qui contient en plus de ça une contradiction ou une ambiguïté, est intégralement hérétique, même s’il y a ambiguïté ou contradiction qui accompagne l’hérésie et qui semble la démentir. Par exemple : un ‘catholique’ qui ne cesserait pas de soutenir l’avortement, et prétendrait parfois accepter l’enseignement de l’Église sur le sujet, serait quand même un hérétique manifeste - malgré les contradictions et les ambiguïtés de son comportement. Autre exemple : quelqu’un qui dirait qu’on ne doit pas convertir les protestants ( hérésie manifeste ), mais tout en disant que l’Église catholique représente seule la plénitude de la Foi catholique que chacun est tenu d’embrasser = cet individu serait un hérétique manifeste, bien qu’aux yeux de certains, sa seconde déclaration semblerait contredire la première. Les hérétiques sont des malhonnêtes et des imposteurs ; ils essayent souvent de contredire leurs hérésies ou d’en attténuer l’agressivité au moyen de tactiques subtiles reposant sur l’ambiguïté et l’auto-contradiction : c’est bien ce qu’affirme le pape Pie 6 ]

Voyez par vous-même combien le propos de Chris Ferrara est en contradion directe avec l’enseignement du pape Pie 6 :

Chris Ferrara, Catholic Family News, Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II, oct. 2005, p. 25 :

« Ainsi, nous traitons d’un document [ Dignitatis Humanae de Vatican 2 ] qui recèle des contradictions apparentes, lesquelles semblent avoir résulté de la tentative du Concile d’apaiser à la fois les factions conservatrice et libérale parmi les Pères. Un document qui se contredit en donnant l’impression de confirmer et de nier tout à la fois l’enseignement traditionnel peut difficilement être présenté comme contredisant manifestement ledit enseignement […] Car ce qui est en cause, ce sont des ambiguïtés, des incohérences internes, ainsi que des nouveautés… »

Pape Pie 6 :

« En outre, si tout cela est peccamineux, on ne saurait l’excuser – comme cela se fait – sous le fallacieux prétexte que des affirmations apparemment choquantes en un endroit sont développées ailleurs suivant une ligne orthodoxe, voire corrigées en d’autres endroits encore ; comme s’il était loisible de formuler ou de nier ces affirmations, ou encore de laisser un tel choix aux inclinations personnelles de chaque individu, méthode frauduleuse et impudente toujours appliquée par les novateurs pour imposer l’erreur. Car cela permet tout à la fois de promouvoir et d’excuser l’erreur.

C’est là un moyen hautement répréhensible d’insinuer des erreurs doctrinales, que notre prédécesseur saint Célestin a perçu il y a longtemps dans les écrits de Nestorius, évêque de Constantinople, avant de le dévoiler pour le condamner avec la dernière sévérité... »

C’est évident que le pape Pie 6 a raison et que Chris Ferrara a entièrement tort. Regardez comment Pie 6 écrit aussi que certaines de ces erreurs doctrinales ( qui sont aussi des hérésies dans ce cas-là, car il se réfère aux hérésies de l’archérétique Nestorius ) n’ont été découvertes qu’après une étude et une analyse approfondies!

Pie 6 : « C’est là un moyen hautement répréhensible d’insinuer des erreurs doctrinales, que notre prédécesseur saint Célestin a perçu il y a longtemps dans les écrits de Nestorius, évêque de Constantinople, avant de le dévoiler pour le condamner avec la dernière sévérité. UNE FOIS CES TEXTES EXAMINES AVEC SOIN, l’imposteur fut démasqué et confondu, parce qu’il s’exprimait en une pléthore de mots, alternant des choses vraies avec des choses obscures, mêlant parfois les unes aux autres de telle sorte qu’il lui était loisible de confesser les choses mêmes qu’il niait, tout en se donnant les moyens de nier les choses mêmes qu’il confessait. »

Mais… on croyait qu’une telle analyse ne serait pas nécessaire pour des contradictions manifestes de l’enseignement catholique… ? C’est en tout cas ce qu’a dit Ferrara… :

Chris Ferrara, The Remnant ; 30 septembre 2005, p. 18 : « … où sont donc les déclarations objectivement hérétiques ? Si elles existent, il devrait être facile de citer les propositions hérétiques émises […] Les “hérésies” devraient se trahir elles-mêmes sans le moindre “commentaire” complaisant de la part des accusateurs sédévacantistes » [16]

Eh bien, Chris Ferrara ne peut pas se tromper encore plus que ça. Les hérétiques trompent les gens par leurs contradictions et leurs ambiguïtés, car l’hérésie est elle-même mensonge et contradiction.

Pape Pie 11, Rite Expiatis ; 30 avril 1926 : « … LES HERESIES, PEU A PEU, ONT SURGI ET POUSSE DANS LA VIGNE DU SEIGNEUR, PROPAGEES PAR DES PERSONNAGES OUVERTEMENT HERETIQUES OU D’HYPOCRITES IMPOSTEURS qui, parce qu’ils professaient une certaine austérité de vie et donnaient une fausse apparence de vertu et de piété, dévoyaient aisément les âmes faibles et simples.» [17]

Soyez atentifs : les hérésies sont propagées à la fois par des personnages ouvertement hérétiques qui ne se cachent pas, mais aussi par des imposteurs hypocrites tels que Benoît 16 qui mélange des déclarations et des actions conservatrices avec ses stupéfiantes et indéniables hérésies. Autre exemple : l’archérétique Arius avait reçu l’approbation de l’Empereur Constant 2 lorsqu’il lui avait exposé sa profession de foi ambiguë. En revanche, St Athanase ne s’était pas trompé : il refusait de considérer Arius comme catholique :

« Arius se présenta avec Euzoios, son allié dans la doctrine comme dans l’exil. Il exposa à l’Empereur [ Constant 2 ] une profession de Foi précautionneuse qui pouvait s’interpréter dans le sens arien comme dans le sens orthodoxe, mais qui ne contenait pas le mot ‘consubstantiel’. Constant s’en satisfit, révoqua sa condamnation à l’exil et ordonna qu’Arius fût réintégré à son rang dans le clergé. Le supérieur ecclésiastique d’Arius, Athanase, refusa toutefois de l’y réadmettre. » [18]

Selon Chris Ferrara, les catholiques auraient dû accepter comme catholique - imitant ainsi Constant 2 - l’archérétique Arius, négateur du Christ, au motif que la profession de foi arienne était ambiguë. Chris Ferrara est la dupe rêvée de Satan ; tout ce dont le démon a besoin, c’est qu’après avoir enseigné l’hérésie, l’hérétique la pimente d’un soupçon d’ambiguïté, d’un zeste de contradiction, après quoi lui, le démon, n’aura plus qu’à suggérer au monde de suivre l’hérétique et de rester sous son empire. Et voilà très exactement la manière dont le démon a si bien réussi à maintenir des fidèles dans la secte apostate et manifestement hérétique Vatican 2. Les gens lisent ou entendent de la part d’hérétiques quelques déclarations conservatrices, et ça les convainc qu’ils ne peuvent pas être en présence d’hérétiques mal intentionnés, alors que ces derniers rejettent et détruisent la Foi partout autour d’eux - comme on l’a vu. Voilà comment le démon gagne des âmes...

Pour illustrer en profondeur l’absurdité totale de la ‘théologie’ de Chris Ferrara : imaginez que quelqu’un écrive un ouvrage où il nie sans arrêt que Notre-Dame est immaculée, mais où cette personne se dit quand même être en accord avec l’enseignement de l’Église sur l’Immaculée Conception …: qu’est-ce-que vous diriez si on disait que le texte en question ne peut pas être hérétique manifeste sous prétexte qu’il contient une contradiction… ? Qu’on ne pourrait pas trouver un raisonnement encore plus stupide que ça ! Non ? Eh bien, telle est la fausse théologie – en opposition directe à l’enseignement du pape Pie 6 ( comme on l’a vu plus haut ) – que Ferrara applique à son analyse de la Déclaration de Vatican 2 sur la liberté religieuse.

Chris Ferrara, Catholic Family News, ‘Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II’, octobre 2005, p. 25 : « La thèse de l’hérésie manifeste soutenue par l’Entreprise [sédévacantiste] et visant DH [Dignitatis Humanae, Déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse] perd encore plus de sa substance si l’on considère que selon l’Article 1 de DH, le Concile laisse intacte la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés vis-à-vis de la vraie religion et de l’unique Église du Christ. » [19]

La Déclaration de Vatican 2 sur la liberté religieuse fait une hérésie évidente en s’opposant au dogme de l’Église disant que l’État a le droit de réprimer l’expression publique des fausses religions. Le fait qu’elle prétend laisser ‘intacte la doctrine catholique traditionnelle’ ça ne veut absolument rien dire. Les ‘Vieux-Catholiques’ disaient exactement la même chose, comme d’ailleurs tous les hérétiques qui se sont succédé au cours de l’histoire.

Pape Pie 9, Graves ac diuturnae ; 23 mars 1875 : « Ils [ les ‘Vieux-Catholiques’ ] ne cessent de déclarer ouvertement qu’ils ne rejettent en rien l’Église catholique et sa tête visible, mais qu’ils défendent avec zèle la pureté de la doctrine catholique […] Mais ils refusent en fait de reconnaître toutes les prérogatives divines du vicaire du Christ sur terre et ne se soumettent pas à Son Magistère suprême. » [20]

À en croire Ferrara, toute accusation d’hérésie portée contre les ‘Vieux-Catholiques’ serait invalide, sous prétexte qu’ils n’arrêtent pas d’exprimer leur zèle pour la pureté de la doctrine catholique et de déclarer ouvertement qu’ils ne rejettent pas l’enseignement catholique. Mais non, ça ne se passe pas comme ça, car l’Église catholique enseigne que ce sont des hérétiques, et tous ceux qui adhèrent à leurs enseignements et à leur secte sont eux aussi considérés comme hérétiques.

Pape Pie 9, Graves ac diuturnae ; 23 mars 1875 : « … les nouveaux hérétiques qui se nomment ‘Vieux-Catholiques’ … ces schismatiques et hérétiques … leur secte malfaisante … ces fils des ténèbres … leur faction malfaisante … cette secte déplorable … Cette secte renverse les fondations de la religion catholique, rejette de façon éhontée les définitions dogmatiques du Concile œcuménique du Vatican et se consacre de bien des manières à la ruine des âmes. Nous avons décrété et déclaré dans Notre lettre du 21 novembre 1873 que les malheureux qui appartiennent, adhèrent et prêtent appui à cette secte doivent être considérés comme des schismatiques et séparés de la communion avec l’Église. » [21]

Pape Pie 9, Quartus Supra ; 6 janvier 1873 : « Il a toujours été important pour les hérétiques et les schismatiques de se déclarer catholiques et de le publier à haute voix en s’en glorifiant, pour induire en erreur peuples et Princes. » [22]

On constate donc que la ‘théologie’ de Chris Ferrara est en opposition directe non seulement avec les enseignements des papes, mais aussi avec le sens commun. En fait, l’idée sataniquement stupide de Ferrara ( et de bien d’autres ) - qui dit que les apostats et les antipapes de Vatican 2 ne sont pas des hérétiques manifestes parce qu’il leur arrive de se contredire et d’user d’ambiguïté en proférant leurs incroyables hérésies - trouve peut-être sa meilleure illustration dans le cas de l’apostat John Kerry :

On doute fortement que, vous qui lisez ce document, vous considériez John Kerry [ politicien américian pro-avortement ] comme un catholique... Même les gens de Franciscan University [ université pro-Vatican 2 ] disent ‘On ne peut pas être à la fois catholique et pro-avortement’, Ce slogan était brandi sur leurs pancartes lors d’un discours que John Kerry prononçait dans l’Ohio. Ça n’empêche pas que ce politicien prétend accepter les enseignements catholiques tout en votant constament en faveur de l’avortement.

Au cours du débat qui l’opposait à George W. Bush en 2004, dans le cadre de l’élection présidentielle, John Kerry a déclaré : « Je ne peux pas imposer mon article de foi à quelqu’un ». Vous avez saisi ? D’abord, John Kerry a déclaré publiquement que l’enseignement de l’Église opposé à l’avortement était son article de foi, mais qu’il ne peut pas l’appliquer ou l’imposer dans le domaine public.… c’est clair que cet argument est absurde ; c’est un mensonge, une contradiction, comme le sont toutes les hérésies. Mais selon Chris Ferrara, John Kerry doit être considéré comme catholique, car pour lui, quelque chose qui:

« … se contredit en semblant tout à la fois approuver et nier l’enseignement traditionnel ne saurait être présentée comme une contradiction manifeste dudit enseignement… » [23]

Du pur non-sens ! S’il fallait suivre Ferrara, on pourrait difficilement dire que John Kerry est un hérétique manifeste lorsqu’il affirme en public que l’enseignement de l’Église opposé à l’avortement est son article de foi, alors qu’il contredit cette même profession de foi en soutenant à fond l’avortement …. Donc selon la méprisable perversion de l’enseignement catholique, inspirée par Satan, que l’hérétique Chris Ferrara écrit dans des publications dites ‘traditionnelles’, John Kerry devrait être considéré comme un catholique. En plus, une telle conclusion opposerait Ferrara à l’un de ses collègues et amis, Michael Matt, qui a déclaré sans équivoque ( et de sa propre autorité, puisque son soi-disant ‘pape' ne l’a jamais dit ) que John Kerry était un apostat.

Michael Matt, The Remnant, 15 avril 2004, p. 5 : « Prenez par exemple le sénateur John F. Kerry, premier catholique nommé candidat à la présidence par l’un ou l’autre des deux grands partis depuis 1960. Kerry – dont les grands-parents paternels étaient juifs, au fait – a fait ces jours-ci une excellente imitation de Kennedy : “Nous avons dans ce pays une séparation de l’Église et de l’État”, a-t-il déclaré récemment à Time Magazine. “Comme John Kennedy l’a dit très clairement, je serai un Président qui se trouve être catholique, et non pas un président catholique”. Sur ce point, du moins, nous pouvons être d’accord avec le sieur du Massachusetts ! En fait, nous irons même un peu plus loin en soulignant que le candidat à la présidence Kerrry n’est pas du tout catholique. Oh, bien sûr, l’ancien enfant de chœur se dit catholique ; il se plaint, paraît-il, quand son équipe ne lui laisse pas assez de marge dans son emploi du temps pour assister à la Messe dominicale ; son site Internet officiel annonce que “John Kerry a été élevé dans la foi catholique et reste un membre actif de l’Église catholique”. Il n’est pourtant pas catholique, et son épouse ne l’est pas non plus. Voilà donc encore un acatholique [ non-catholique ] se prétendant pratiquant. La description que John Kerry donne de lui-même et de son épouse est tout simplement fausse : “[ Je suis un ] catholique croyant et pratiquant, marié à une catholique croyante et pratiquante”. Tout cela semble parfait. Le seul ennui, c’est que John Kerry est un apostat. » [24]

Il semblerait que Ferrara et Matt devraient s’expliquer… Le cas de John Kerry prouve le point, car si on a pas le droit de dire que Benoît 16 – qui prend une part active aux cultes juifs, qui ne croit pas que Jésus soit forcément le Messie et le Fils de Dieu, qui enseigne qu’on ne doit pas convertir les protestants, qui s’est fait initier à l’islam, etc. – ne peut pas être considéré comme un hérétique, alors il n’ y a aucune justification pour dire que John Kerry est hérétique. Car en effet, les dogmes niés par Benoît 16 ont été définis bien plus souvent que celui nié par Kerry.

 

Notes :

[1] Chris Ferrara, Catholic Family News, “Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II, Oct. 2005, p. 8.

[2] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 851

[3] Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Frères dans le Christ, éditions du cerf ; 2005, Paris, p. 108-109.

[4] Benedict XVI, Theological Highlights of Vatican II, New York: Paulist Press, 1966, p. 61, 68.

[5] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, Paris, p. 220 et 221.

[6] Joseph Ratzinger, Voici quel est Notre Dieu, éditions Plon / Mame ; 2001, Paris, p.147-148.

[7] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, Paris, p. 421

[8] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, Paris, p. 226

[9] Jean-Paul II, Lettre encyclique Ut Unum Sint ; 1995, Pierre Téqui éditeur, Paris, p.87-88. Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25051995_ut-unum-sint_fr.html

[10] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Les Principes de la Théologie Catholique, Pierre Téqui éditeur ; 2005, p.426-427.

[11] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Co-Workers of the Truth, Ignatius Press, 1990, p. 217.

[12] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Co-Workers of the Truth, Ignatius Press, 1990, p. 29.

[13] ‘Cardinal’ Joseph Ratzinger, Benoît XVI, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, éditions du Cerf ; 2005, Paris, p. 255.

[14] Commission biblique pontificale, Le peuple juif et ses saintes écritures dans la Bible chrétienne, éditions du cerf, 2001, Paris, p. 53-55.
Aussi sur le site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_documents/rc_con_cfaith_doc_20020212_popolo-ebraico_fr.html

[15] Site internet Papal Encyclicals, Auctorem fidei, en italien, # 6 : http://digilander.libero.it/magistero/p6auctor.htm

[16] Chris Ferrara, The Remnant, Forest Lake, MN, Sept. 30, 2005, p. 18.

[17] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 3 (1903-1939), p. 294.

[18] Abbé Ricciotti, The Age of Martyrs, Tan Books, p. 275; voir aussi Père Laux, Church History, Tan Books, 1989, p. 113 Warren H. Carroll, A History of Christendom, Vol. 2 (The Building of Christendom), p. 18.

[19] Chris Ferrara, Catholic Family News, “Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II, Oct. 2005, p. 25.

[20] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 451.

[21] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), pp. 451-452.

[22] The Papal Encyclicals, de Claudia Carlen, Raleigh : The Pierian Press, 1990, Vol. 1 (1740-1878), p. 414.

[23] Chris Ferrara, Catholic Family News, “Opposing the Sedevacantist Enterprise, Part II, Oct. 2005, p. 25.

[24] Michael Matt, The Remnant, Forest Lake, MN, 15 avril 2004, p. 5.

 

Objection 17 : Les Codes de droit canonique de 1917 et 1983 enseignent tous deux qu’une déclaration s’impose pour que quelqu’un perde ses fonctions à cause d’hérésie.

Chris Ferrara, ‘A Challenge to the Sedevacantist Enterprise, Part II’, The Remnant, 30 septembre 2005, p. 18 : « D’ailleurs, les codes de droit canonique de 1917 et 1983 prévoient tous deux que nul ne peut prétendre que quelqu’un a été démis de ses fonctions ecclésiastiques pour hérésie, à moins que le fait n’ait été établi par une déclaration de l’autorité compétente. » [1]

Réfutation : C’est totalement faux. Le Code hérétique et invalide de 1983, promulgué par l’antipape Jean-Paul 2, dit bien, en son canon 194 § 3, qu’une telle déclaration est nécessaire. Mais le Code de 1917 ne dit rien à ce sujet. Le canon du Code de 1917 correspondant au canon 194 porte le numéro 188. Le canon 188 du Code de 1917 ne contient pas une telle disposition, mais déclare simplement qu’un clerc qui ‘apostasie publiquement la foi catholique’ (188 § 4) perd sa fonction par le fait même, ‘sans aucune déclaration’.

Canon 188.4, Code de droit canonique de 1917 : « En vertu de la renonciation tacite admise ipso jure, est vacant ipso facto et sans aucune déclaration, quelque office que ce soit si le clerc … apostasie publiquement la foi catholique. » [2]

Notez que le Code de 1917 ne dit rien à propos de la nécessité d’une déclaration ; il dit même le contraire : ‘sans aucune déclaration’ ! Quand on compare les deux canons, on voit la différence criante.

Canon 194.1-3, Code de droit canonique de 1983 : « Est révoqué de plein droit de tout office ecclésiastique : … 2 la personne qui a publiquement abandonné la foi catholique ou la communion de l'Église ; […] La révocation dont il s'agit aux nn. 2 et 3 ne peut être urgée que si elle est établie par une déclaration de l'autorité compétente. » [3]

C’est sans doute pour cette raison que Ferrara ne donne aucune citation du Code de 1917 dans sa note en bas de page ; il ne renvoie qu’ à une référence du code de 1983. On est donc là en présence d’un nouveau et criant mensonge de sa part.

 

Notes :

[1] Chris Ferrara, ”A Challenge to the Sedevacantist Enterprise, Part II,” The Remnant, Sept. 30, 2005, p. 18.

[2] The 1917 Pio-Benedictine Code of Canon Law, traduit par Dr. Edward Von Peters, p. 83.

[3] The Code of Canon Law (1983), A Text and Commentary, Commissionné par la Canon Law Society of America, Edité par James A. Coriden, Thomas J. Green, Donald E. Heintschel, Mahwah, NJ: Paulist Press, 1985,p. 111.
Site internet de la Secte Vatican 2 : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__PO.HTM

 

Objection 18 : Le Concile de Constance a condamné l’idée qu’un hérétique cesserait d’être le pape.

Erreurs de Jan Hus: « 20. Si le pape est mauvais, et surtout s'il est réprouvé, il est, comme Judas l'Iscariote, un diable, un voleur et un fils de perdition, et non la tête de la sainte Eglise militante puisqu'il n'en est même pas membre. » [1] - Condamnée.

Réfutation : Non, le Concile de Constance n’a nullement condamné l’idée qu’un hérétique cesserait d’être le pape. C’est un grave malentendu autour de cette proposition. Comme on l’a clairement vu ci-dessus, le Concile a condamné quelque chose de nettement différent. Il a condamné la proposition selon laquelle un homme mauvais cesserait d’être la tête de l’Église, puisqu’il n’en est pas membre. La proposition de l’hérétique Hus affirme à juste titre que quelqu’un qui n’est pas membre de l’Église ne peut pas en être la tête, mais elle pèche en soulignant que le pape cesse d’en être membre s’il est ‘mauvais’.

Pape Pie 12, Mystici Corporis Christi ; 29 juin 1943 : « Car toute faute, même un péché grave, n'a pas de soi pour résultatcomme le schisme, l'hérésie ou l'apostasie – de séparer l'homme du Corps de l'Église. » [2]

Un pape simplement mauvais ne cesse pas pour autant d’être pape, contrairement à un hérétique, un schismatique ou un apostat. C’est parce que l’hérésie, le schisme et l’apostasie séparent quelqu’un de l’Église ; ce qui n’est pas le cas des autres péchés ( quelle qu’en soit la gravité ). On voit donc clairement que la proposition condamne l’idée que le fait d’être mauvais sépare de l’Église. Elle ne condamne pas la vérité qu’un hérétique cesse d’être pape. En fait, beaucoup des autres propositions de Jan Hus condamnées par le Concile de Constance répètent de différentes manières l’idée fausse exposée ci-dessus, à savoir que les mauvais ne font pas partie de l’Église. [3]

St Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 30 : « Ce principe est le plus sûr. Le non-chrétien ne peut en aucun cas être pape, comme Cajetan l'admet lui-même (ib. c. 26). La raison en est qu'il ne peut pas être la tête puisqu'il n'est pas membre, or celui qui n'est pas chrétien n'est pas membre de l'Église, et un hérétique manifeste n'est pas un chrétien, comme l'enseignent clairement saint Cyprien (lib. 4, Epist. 2), saint Athanase (Scr. 2 cont. Arian.), saint Augustin (Lib. De Grat. Christ. cap. 20), saint Jérôme (contra Lucifer) et d'autres ; 'hérétique manifeste ne peut donc pas être pape. »

 

Notes :

[1] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1220.

[2] Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, pape Pie 12, éditions Bonne Presse, 29 juin 1943 ; page 14.

[3] Denzinger, The Sources of Catholic Dogma, B. Herder Book. Co., Thirtieth Edition, 1957, no. 627 ff.

 

Objection 19 : La Déclaration Conjointe avec les luthériens n’est pas hérésie manifeste, parce que Jean-Paul 2 et Benoît 16 ne l’ont pas signée.

Réfutation : La Déclaration conjointe avec les luthériens prouve à elle seule que les ‘papes’ de Vatican 2 sont des antipapes non catholiques. Le fait que Jean-Paul 2 et Benoît 16 n’aient ni écrit, ni signé ce document ne fait aucune différence. Ils l’ont tous deux approuvé publiquement et à de nombreuses reprises, en plus de montrer qu’ils étaient d’accord avec lui.

Jean-Paul 2, 19 janvier 2004, lors d’une rencontre avec les luthériens de Finlande : « … je désire exprimer ma gratitude pour le progrès oecuménique accompli entre les catholiques et les luthériens au cours des cinq années qui ont suivi la signature de la Déclaration commune sur la Doctrine de la Justification.… » [1]

Benoît 16, Discours aux protestants, Journée Mondiale de la Jeunesse, 19 août 2005 : « … conduisit finalement au résultat important de la "Déclaration commune sur la doctrine de la justification" de 1999… » [2]

Imaginons qu’une personne rédige un ouvrage niant l’Immaculée Conception. Si vous donnez partout des conférences pour louer cet ouvrage, ça fera de vous un hérétique manifeste. Et le fait que vous n’ayez ni écrit, ni signé le document en question ne veut rien dire, car vous l’avez publiquement approuvé. Jean-Paul 2 et Benoît 16 ont approuvé publiquement la Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique sur la Doctrine de la Justification, qui enseigne que les pires hérésies luthériennes ne tombent pas sous le coup de la condamnation du Concile de Trente. Ce sont donc deux hérétiques manifestes.

Il n’y a pas de raison pour ne pas accepter la position sédévacantiste

 

Notes :

[1] Site internet officiel de la Secte Vatican 2:
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/2004/january/documents/hf_jp-ii_spe_20040119_delegation-finland_fr.html

[2] Site internet officiel de la Secte Vatican 2:
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2005/august/documents/hf_ben-xvi_spe_20050819_ecumenical-meeting_fr.html


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